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Immatriculation des engins motorisés : la ministre Madina Sissoko veut réglementer les deux et trois roues

La ministre des Transports et des Infrastructures, Madina Sissoko, a invité les propriétaires d’engins motorisés à deux et trois roues à se conformer à la réglementation en vigueur en se dotant d’une plaque d’immatriculation. L’annonce a été faite dans un communiqué daté du 10 juin 2026.

Pour faciliter ce processus, une opération spéciale d’immatriculation sera organisée sur toute l’étendue du territoire national. Au cours de cette opération, les usagers sont attendus principalement dans les locaux de la Direction générale des Transports, ainsi que dans ses services régionaux et subrégionaux. L’opération, qui démarre ce lundi 15 juin pour une durée indéterminée, se distingue des précédentes tentatives. En effet, elle se concentre uniquement sur la plaque d’immatriculation des engins. Le permis de conduire, la carte grise et l’assurance ne sont pas exigés dans le cadre de cette mesure spécifique, du moins selon les termes du communiqué officiel. Maintes fois annoncée puis abandonnée, notamment depuis l’épisode de 2008 sous le régime de feu le président Amadou Toumani Touré (ATT), cette réglementation ne devrait pas piétiner cette fois. En tout cas les bonnes raisons ne font pas défaut. Motivée par des impératifs sécuritaires majeurs, cette campagne nationale laisse toutefois une question en suspens : contrairement aux initiatives passées, aucune mention n’a été faite concernant le coût financier de l’opération pour les usagers. De plus, les conducteurs sont dispensés de présenter un permis de conduire, une carte grise ou une assurance. Or, aux yeux des observateurs avisés, les conducteurs de tricycles et de taxi-motos, pour la plupart originaires du milieu rural, auraient grandement besoin d’être initiés au code de la route. Une telle formation permettrait de prévenir de nombreux accidents provoqués par ce secteur, une véritable « illusion d’optique d’emploi » qui ne cesse d’attirer les jeunes chômeurs.

En attendant, le Forum de la Société Civile du District de Bamako (FOSC-DB) demande un plafonnement des prix de l’immatriculation des motos. En effet, face au lancement de cette opération, le FOSC-DB est monté au créneau pour attirer l’attention du ministère des Transports et des Infrastructures sur le contexte socio-économique actuel, marqué par la précarité des ménages et la cherté de la vie. L’organisation réclame ainsi des tarifs sociaux et adaptés.

Pour éviter que cette mesure, pourtant salutaire et légitime, ne se transforme en fardeau financier, le FOSC-DB propose des seuils tarifaires maximaux de 7 500 FCFA tout au plus pour les motos à usage personnel (Djakarta et assimilées) et 15 000 FCFA maximum pour les engins destinés au transport de personnes ou de marchandises (Telimani, Katakatani).

Et par-delà les prix, l’organisation de veille recommande aux autorités de mettre en œuvre des dispositions pratiques pour faciliter l’opération. Elle préconise notamment la mise en place d’un système de paiement électronique (mobile money, plateformes digitales sécurisées, etc.). L’objectif est de réduire les attroupements et les longues files d’attente dans les centres d’immatriculation, de limiter les risques de corruption, de favoritisme ou de pratiques illicites, et d’assurer une meilleure traçabilité des paiements.

Amidou Keita

Le Témoin

 

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