Mali–Russie : ce qu’il faut comprendre des échanges téléphoniques entre Assimi Goïta et Vladimir Poutine
Le président russe Vladimir Poutine et le président de la Transition malienne, Assimi Goïta, ont eu un entretien téléphonique mardi 19 août dernier. À l’initiative de Bamako, cet échange a principalement porté sur la coopération sécuritaire entre les deux pays et sur la lutte contre les groupes armés opérant dans l’espace sahélo-saharien, selon le communiqué publié par la présidence russe.
Au cours de l’entretien, Assimi Goïta a remercié Moscou pour son soutien au renforcement des capacités sécuritaires et militaires du Mali. Selon le service de presse du Kremlin, le chef de la Transition malienne a notamment salué l’aide apportée par la Russie dans la lutte contre les groupes armés qui sévissent dans le pays.
Les deux dirigeants ont convenu de poursuivre la coordination de leurs efforts en faveur de la stabilité et de la sécurité du Mali et, plus largement, de la région sahélienne.
Cette coopération sécuritaire s’inscrit dans le rapprochement stratégique engagé entre Bamako et Moscou depuis la dégradation des relations entre le Mali et la France. Sur le terrain, les Forces armées maliennes (FAMa) poursuivent leurs opérations contre les groupes armés avec le soutien de partenaires russes, notamment à travers Africa Corps.
La coopération militaire au cœur du rapprochement
Le renforcement de la coopération militaire avec la Russie constitue aujourd’hui l’un des piliers du partenariat entre Bamako et Moscou. Les autorités maliennes présentent ce partenariat comme un moyen de renforcer l’autonomie stratégique du pays et de permettre aux forces nationales de reprendre progressivement le contrôle des zones confrontées aux attaques des groupes armés.
Les récentes opérations militaires menées dans le nord du Mali témoignent de cette volonté de consolider la présence de l’État dans les zones stratégiques. La situation autour de Kidal, ville symbolique du nord du pays, reste notamment au cœur des enjeux sécuritaires et territoriaux.
Toutefois, il convient de rester prudent dans l’analyse des résultats militaires et de ne pas attribuer automatiquement chaque avancée des FAMa au seul soutien russe. La situation sécuritaire dans le nord du Mali demeure complexe et évolutive.
Moscou, un acteur de rapprochement entre Bamako et Alger ?
Au-delà de la coopération militaire, la Russie semble également vouloir jouer un rôle diplomatique plus large dans la stabilisation de l’espace sahélo-saharien.
Les relations entre le Mali et l’Algérie ont connu de fortes tensions ces dernières années, notamment autour de la question sécuritaire et de la situation dans le nord du Mali. Dans ce contexte, le rapprochement entre Bamako et Alger pourrait constituer un enjeu majeur pour la stabilité régionale.
Moscou entretient des relations étroites avec les deux pays et pourrait ainsi favoriser le dialogue et encourager une approche concertée face à la menace des groupes armés. Il serait toutefois excessif d’affirmer que le dégel entre Bamako et Alger résulte uniquement d’une initiative russe. Plusieurs facteurs politiques, sécuritaires et diplomatiques expliquent cette évolution.
L’enjeu pour Moscou est aussi de consolider son influence dans une région où la Russie cherche à apparaître comme un partenaire stratégique durable, à la fois sur les plans militaire, diplomatique et économique.
Une relation qui s’inscrit dans la durée
L’entretien du 19 août s’ajoute à une série de contacts directs entre Vladimir Poutine et Assimi Goïta depuis le rapprochement accéléré entre Bamako et Moscou.
Un premier entretien téléphonique public entre les deux dirigeants avait eu lieu en août 2022. En octobre de la même année, ils avaient notamment évoqué la livraison d’engrais russes au Mali, dans un contexte marqué par les sanctions occidentales contre Moscou.
Dily Kane
mali24
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