Alpha Yaya Sangaré condamné à 20 ans de prison ferme par la Chambre criminelle de la cybercriminalité
Ce jeudi 3 septembre 2026, la Chambre criminelle du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité a rendu son verdict dans l’affaire Alpha Yaya Sangaré. L’ancien colonel de la Gendarmerie nationale a été condamné à vingt ans d’emprisonnement ferme, après une requalification des faits qui a redessiné les contours de son procès face à l’État du Mali.
La requalification juridique décidée par les juges témoigne de la complexité de ce dossier, où la frontière entre l’expression, l’opinion et l’infraction pénale s’est révélée être un terrain d’une extrême âpreté.
Initialement poursuivi pour divers chefs d’inculpation, dont la diffusion de fausses nouvelles, l’atteinte au crédit de l’État et des faits de nature à compromettre la discipline militaire, Alpha Yaya Sangaré a finalement été reconnu coupable par le tribunal des infractions reprochées, et plus particulièrement d’atteinte à la sûreté extérieure de l’État.
La peine prononcée sanctionne les infractions dont la culpabilité a été retenue par la Chambre criminelle et s’inscrit dans le cadre des dispositions pénales applicables aux faits examinés, notamment celles relatives aux infractions commises par le moyen des systèmes d’information et aux atteintes aux intérêts protégés par la législation pénale.
La décision ordonne en outre la saisie intégrale des ouvrages jugés comme étant les instruments de l’infraction, en application des articles 223-2 alinéa 2, 223-5 et 223-6 du Code pénal malien (Loi n°2024-027 du 13 décembre 2024).
L’affaire trouve son origine dans l’arrestation d’Alpha Yaya Sangaré, intervenue le 2 mars 2024 à Bamako, quelques jours après qu’il a présenté son ouvrage intitulé Mali : le défi du terrorisme en Afrique. Long d’environ quatre cents pages, le livre traite principalement de la lutte contre le terrorisme au Mali. L’auteur y rapporte notamment des accusations d’abus commis contre des personnes soupçonnées d’appartenir à des groupes armés, en s’appuyant sur différents travaux et rapports consacrés à la situation sécuritaire et aux droits humains dans le pays.
Les accusations rapportées dans l’ouvrage, notamment celles concernant des faits imputés à des membres des Forces armées maliennes, avaient été contestées par le ministère de la Défense et provoqué de vives réactions au sein des autorités. C’est dans ce contexte qu’était intervenue l’arrestation de l’auteur, dont le dossier a ensuite connu plusieurs étapes judiciaires, sa défense continuant tout au long de la procédure de contester les accusations portées contre lui.
Mohamed Kanoute
Source : Mali24
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