Santé mentale au Mali : écouter les personnes concernées pour agir
La Journée mondiale de la santé mentale 2026 a été célébrée au Mali le 15 octobre à l’Institut national de santé publique (INSP), sous la présidence du Dr Abdoulaye Guindo, secrétaire général du ministère de la Santé et du Développement social, représentant le ministre, le médecin colonel-major Assa Badiallo Touré.
Placée sous le thème « Des expériences vécues entendues, des voix réelles, un changement réel », cette édition met l’accent sur la participation des personnes vivant avec des troubles mentaux à l’élaboration des politiques et des services de santé.
L’objectif est de sensibiliser les populations aux enjeux de la santé mentale, de valoriser les témoignages des personnes concernées et de leurs familles, mais aussi de lutter contre la stigmatisation et la discrimination dont elles sont souvent victimes.
Des besoins importants en santé mentale
Au Mali, les besoins en santé mentale restent importants, notamment dans un contexte marqué par les crises sécuritaires et humanitaires, les difficultés socioéconomiques, les déplacements de populations et les violences basées sur le genre. Ces facteurs peuvent fragiliser le bien-être psychologique des populations et accentuer les besoins en matière de prise en charge et de soutien psychosocial.
Pour répondre à ces défis, les autorités sanitaires s’appuient sur le Plan stratégique national de santé mentale et de soutien psychosocial 2025-2029. Ce document prévoit notamment le rapprochement des services des populations, le renforcement des réponses communautaires et l’intégration de la santé mentale dans les soins de santé primaires.
L’objectif est de faciliter l’accès aux services de prise en charge, particulièrement pour les personnes vivant dans les zones éloignées des structures spécialisées, et de mieux intégrer la santé mentale dans les politiques de santé publique.
L’OMS réaffirme son engagement aux côtés du Mali
Représentant l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr Kuvula José a rappelé que la santé mentale constitue un droit fondamental et une composante essentielle du bien-être individuel et collectif.
Selon les données présentées lors de son intervention, près d’une personne sur sept dans le monde vit avec un trouble mental. En Afrique, les ressources consacrées à la prise en charge demeurent insuffisantes face à l’ampleur des besoins.
Face à cette situation, l’OMS réaffirme son soutien au Mali dans ses efforts visant à améliorer l’accès aux soins de santé mentale, à promouvoir les droits humains et à renforcer la lutte contre les préjugés et les discriminations.
Cette approche souligne l’importance de mettre en place des services accessibles, inclusifs et respectueux de la dignité des personnes concernées, tout en favorisant leur participation aux décisions qui les touchent.
Sensibiliser pour favoriser l’inclusion
Au programme de cette commémoration figurent notamment des marches de sensibilisation, des rencontres communautaires, des journées portes ouvertes dans les services de psychiatrie et des campagnes médiatiques.
Ces initiatives visent à mieux informer les populations sur les troubles mentaux, à encourager le dialogue autour de la santé mentale et à déconstruire les idées reçues qui constituent encore un obstacle à la recherche de soins.
Au-delà de la sensibilisation, cette journée rappelle également la nécessité de donner une place centrale aux personnes vivant avec des troubles mentaux dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques. Leurs expériences et leurs témoignages constituent, en effet, des éléments essentiels pour adapter les services à leurs besoins réels.
La célébration de la Journée mondiale de la santé mentale 2026 au Mali met ainsi en lumière un enjeu majeur, celui de faire de l’écoute des personnes concernées un levier d’amélioration des politiques et des services de santé. L’amélioration de la prise en charge passe notamment par un meilleur accès aux soins, le renforcement des dispositifs communautaires, la disponibilité des ressources nécessaires et la promotion d’un environnement social exempt de stigmatisation.
