SÉNÉGAL : L’ÉTAT PRÉVOIT LA REPRISE DES CONVENTIONS PUBLICITAIRES AVEC LA PRESSE PRIVÉE
Après plus de deux ans d’un gel budgétaire éprouvant pour les rédactions sénégalaises, le pouvoir central franchit un pas décisif vers la normalisation de ses relations économiques avec les médias privés. Dans une correspondance officielle datée du 19 octobre 2026, rendue publique le 21 octobre, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a émis un avis favorable à la levée de la suspension des conventions et contrats publicitaires de l’État.
Cette décision répond à une sollicitation formelle portée par le ministre de la Communication et des Relations avec les institutions, le Dr Bacary Sarr. Elle marque un tournant après une longue phase de rupture ; en juillet 2024, les autorités avaient gelé unilatéralement l’ensemble des conventions publicitaires entre les entités publiques et les médias privés. Justifiée alors par la rationalisation des deniers publics et des contrôles fiscaux accrus, cette mesure avait asphyxié le secteur, provoquant notamment l’inédite « Journée sans presse » du 13 août 2024.
Pour autant, cette relance ne signera pas un retour au statu quo. La Primature impose l’instauration d’un « cadre rénové, transparent et équitable ». À cet effet, un comité ad hoc interministériel a été constitué sous la tutelle de la Primature. Réunissant des représentants de la présidence, des ministères des Finances et du Numérique, des médias publics (Le Soleil, la RTS) et trois
délégués de la presse privée, il est chargé d’établir les nouveaux critères d’attribution des fonds publics. Désormais, l’octroi des contrats dépendra de la conformité stricte au Code de la presse, de l’audience certifiée, de la couverture territoriale et de la viabilité des organes.
Les conclusions de ce comité technique sont attendues au plus tard le 30 octobre 2026 pour validation définitive. Si les montants alloués restent à préciser, cette ouverture offre une bouffée d’oxygène vitale pour préserver la viabilité économique et le pluralisme démocratique du paysage médiatique national.
Stephan MOMO (stagiaire)
MALI 24
