Aux origines du Hip-Hop malien : Quand les pionniers racontent leur histoire
Organisée par l’association Mémoire du Sahel, la Maison sur le Fleuve à Bamako a servi de cadre à un pré-forum dédié aux origines du rap malien ce samedi 11 avril 2026.
Dans une atmosphère empreinte de nostalgie et de transmission, le pré-forum « Aux origines du rap malien » a permis au public de plonger dans l’histoire vivante du Hip-Hop national.
AL T Strong, Amkoullel, Abba Samassékou et Master Soumy, quatre grandes figures du rap malien ont partagé leurs expériences, révélant les réalités d’une époque où le rap était encore méconnu et difficile d’accès. Entre témoignages, souvenirs et analyses, les intervenants ont éclairé le chemin parcouru par cet art aujourd’hui largement démocratisé.
Cette rencontre a réuni des figures emblématiques du Hip-Hop pour retracer les débuts du mouvement. Pionnier incontesté, AL T Strong, d’où son nom Alpha Touré a particulièrement captivé l’assistance. De retour des États-Unis en 1987, après un passage à l’école Liberté A, il adopte très tôt le style vestimentaire et l’esprit du Hip-Hop.
À une époque où les moyens techniques étaient quasi inexistants, il devient le premier rappeur malien à enregistrer sa musique sur cassette, marquant ainsi un tournant historique. Il est également reconnu comme l’auteur du premier clip de rap malien. Dans son récit, il a évoqué le soutien décisif du journaliste Saloum Sy, dont l’équipe lui a permis de tourner ses premières images sur la chaine nationale de l’époque « RTM » de l’époque.
Inspiré par les conseils de sa mère, il innove en intégrant une voix féminine à ses morceaux, collaborant notamment avec la star Rokia Traoré, une première qui apporte une nouvelle identité sonore à son rap, au-delà des influences américaines.
Les échanges ont également mis en lumière le rôle de l’entourage dans les parcours artistiques. Issiaka Bâ dit Amkoullel et Abba Samassékou ont tous deux souligné l’importance du soutien familial et médiatique dans leur évolution. À l’inverse, Master Soumy a évoqué un chemin plus difficile, marqué par l’absence d’appui familial en raison d’un contexte conservateur. C’est grâce à sa persévérance, notamment à travers des compétitions scolaires, qu’il parvient à se faire une place, jusqu’à la sortie de son premier album en 2007.
Au fil des discussions, les panélistes ont relevé la transformation profonde du rap malien, autrefois réservé à une élite, mais aujourd’hui largement accessible grâce aux médias sociaux et à la démocratisation des technologies, notamment les smartphones Android.
Président d’honneur de la rencontre, Salif Sanogo a honoré l’événement de sa présence, allant à la rencontre de ces figures majeures du rap malien. Ce pré-forum marque ainsi une étape importante dans la valorisation d’un patrimoine culturel en pleine construction, en prélude au Forum national du Hip-Hop malien prévu dans les mois à venir.
Kada Tandina
Mali24.info
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