La République du Mali a franchi une nouvelle étape dans l’évaluation des conditions de vie de sa population avec la présentation officielle des résultats des rapports des premier et deuxième trimestre de l’Enquête Modulaire et Permanente auprès des ménages (EMOP), des rapports sur le genre, ainsi que du rapport issu de la septième édition de EDSM, réalisés en collaboration avec le PNUD et la Banque mondiale.
Organisé ce jeudi octobre par l’Institut National de la Statistique (INSTAT), ce cadre de rencontre et d’échange qui a regroupé les représentants des structures membres du Système Statistique National, les représentants des partenaires techniques et financiers, les représentants des médias et les représentants des organisations de la société civile et des ONG, s’inscrit pleinement dans la politique de diffusion et de partage de l’information statistique de l’INSTAT.
Cet atelier vise à renforcer les échanges entre l’INSTAT et les utilisateurs des statistiques, de mieux faire connaître les productions disponibles et de recueillir les avis, besoins et suggestions des utilisateurs afin d’améliorer continuellement la pertinence et l’utilité de nos produits.
Les résultats présentés constituent ainsi un baromètre important pour évaluer les progrès réalisés en matière de développement humain et communautaire.
Les résultats de ces enquêtes mettent notamment en lumière les dynamiques de pauvreté, d’inégalités et de résilience des ménages tout en fournissant des informations précieuses sur les conditions de vie de la population.
Elles dressent ainsi une photographie globale de la situation sociale du pays, révélant le chemin qu’il reste à parcourir dans plusieurs domaines essentiels de la vie.
Lors de l’ouverture des travaux de cette rencontre, Dr Arouna Sougané directeur général de l’Institut National de la Statistique (INSTAT), a mis en relief toute l’importance de cet atelier de présentation des rapports des premier et deuxième trimestre de l’EMOP des rapports sur le genre, réalisés en collaboration avec le PNUD et la Banque mondiale, ainsi que du rapport issu de la septième édition de EDSM.
Selon lui, à travers ses différentes opérations, l’INSTAT produit régulièrement des données dans des domaines essentiels de la vie économique et sociale de notre pays. Ces données permettent de mieux comprendre les réalités du Mali, d’identifier les principaux défis et surtout d’éclairer la prise de décision et l’élaboration de politiques publiques adaptées.
Notre ambition est que les statistiques produites ne restent pas de simples chiffres, mais qu’elles soient pleinement utilisées pour la recherche, l’analyse, l’innovation et surtout pour éclairer les décisions et les politiques publiques a-t-il ajoute
Par ailleurs il a précisé que, la production de données de qualité n’a de véritable impact que lorsqu’elles sont connues, comprises et effectivement utilisées. C’est pourquoi il faut renforcer le dialogue entre producteurs et utilisateurs afin de faire des statistiques un véritable outil d’aide à la décision, de recherche et de développement.
Dans sa présentation M. Massa Diakite de l’Institut National de la Statistique (INSTAT), a souligné que l’Enquête Modulaire et Permanente auprès des ménages (EMOP) est un dispositif de collecte mis en place par l’Institut National de la Statistique (INSTAT), en collaboration avec la Statistique Suède depuis 2011 pour le suivi des politiques publiques notamment les ODD et les politiques sectorielles.
A partir de l’échantillon de l’EMOP 2022 à 2026, le RGPH 2022 a été utilisé comme base de sondage.
Ainsi, la collecte des données du premier passage a été réalisé durant la période du 1er janvier au 31mars 2026.
Au total 2400 grappes ont été échantillonnées et 2300 enquêtées avec succès et sur 15 438 ménages échantillonnés, 14 586 ménages ont été enquêtés lors de ce passage soit un taux de réalisation de 94,5 %. L’éducation, la sante, l’électricité, l’eau potable, la sécurité alimentaire, la consommation ont été concernés par la collecte des données.
Dans le domaine de la sante les résultats de l’enquête révèlent que la couverture d’assurance maladie reste très limitée, car 37 % de la population est couverte sur le plan national, 10% dans le district de Bamako, 32,6 % parmi les personnes de niveau supérieur.
S’agissant de la dépense totale des consommations on retient que 61,3 % des dépenses sont réalisées en milieu rural ,1 102 473 FCFA en urbain et 732 777 FCFA en rural et les achats représentent 83,2 % de la consommation, contre 11,8 % pour l’auto l’autoconsommation.
Toujours pour M. Massa Diakité, les résultats montrent des progrès dans l’accès à certains services essentiels, mais révèle la persistance de fortes disparités selon le milieu de résidence, le sexe, l’âge et la région.
Et ces résultats appellent à des politiques publiques davantage intégrées, ciblées et territorialisées afin d’accélérer l’amélioration des conditions de vie et l’atteinte des ODD.
Mohamed Kanouté
Source : Mali24
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