Coopération Mali-Union européenne : Sur la base d’une nouvelle approche
Après le Niger et le Burkina-Faso, le représentant spécial de l’Union européenne (UE) pour le Sahel, Joâo Cravinho, à la tête d’une forte délégation, a eu, le mardi 17 février au département des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, un entretien avec le ministre Abdoulaye Diop et son collègue chargé des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher.
Cette séquence a été suivie d’une séance de travail élargie aux représentants des ministères de la Justice et des Droits de l’Homme, de la Sécurité et de la Protection civile et de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale ainsi que les autres membres de la délégation européenne
La rencontre a été une occasion pour les deux parties d’aborder les relations de coopération entre l’UE et le Mali, en tenant compte des priorités nationales et des sujets d’intérêt commun. Cette tournée au Sahel de Joâo Cravinho entre dans le cadre de l’approche renouvelée de l’Europe vis-à-vis du Mali et du Sahel. Il s’agit d’améliorer le dialogue politique avec nos pays dans le domaine de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme et du développement économique.
À la fin de la séance de travail, le diplomate européen a affirmé que c’était une réunion utile qui a permis de comparer les idées sur l’avenir des relations entre l’UE et le Mali. Joao Cravinho s’est dit heureux de trouver beaucoup de points de convergence dans les échanges avec les autorités maliennes. Selon lui, ces points doivent être le futur de cette coopération afin de travailler de façon concrète sur une nouvelle base. «Je suis content d’avoir eu cette opportunité d’un dialogue riche et fructueux», a souligné le représentant spécial de l’UE pour le Sahel, précisant que d’autres questions liées à la migration, à la justice, à la sécurité, ont été aussi abordées. Il a rassuré que dans les prochains mois, il y aura une intensification des relations bilatérales.
Concernant les questions migratoires, l’envoyé spécial de l’UE a relevé que le phénomène est complexe avec de multiples dimensions. «Nous avons les questions liées à la migration circulaire, à la formation professionnelle pour la mobilité et à la réintégration des migrants de retour», a fait remarquer Joao Cravinho.
À ce propos, il a noté que sa conviction est d’entamer un dialogue couvrant tout l’éventail de la dimension migratoire. D’après lui, l’amélioration dans ce secteur doit être vue comme quelque chose de normal dans les relations entre les différentes parties du monde. Joao Cravinho a rappelé que l’Europe a besoin de la migration. «Comment la faire de façon régulière qui puisse profiter au maximum, soit au Mali, soit à l’UE et à ceux qui veulent migrer ?», s’est interrogé le représentant spécial de l’UE pour le Sahel. À son avis, les perspectives sont favorables pour un dialogue intense qui cherchera à trouver des solutions utiles pour toutes les parties. Joao Cravinho s’est dit satisfait de cette réunion.
Auparavant, le chef de la diplomatie malienne a indiqué que cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la poursuite du dialogue politique, du respect et d’une écoute mutuelle. Abdoulaye Diop a réitéré que l’UE demeure un partenaire important pour notre pays. «C’est la nouvelle approche qui est adoptée au niveau de l’UE pour revoir la base du dialogue et de la coopération», a apprécié le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.
Le Mali est un partenaire de longue date de l’Union européenne
Il trouve que c’est une bonne opportunité pour avancer de façon pragmatique, tout en ayant un dialogue franc et sincère. «Malgré les difficultés et les divergences d’appréciation, nous savons que seul un dialogue permet de surmonter ces facteurs», a reconnu Abdoulaye Diop, ajoutant que ce qui est important, c’est d’éviter de donner des recettes toutes faites à nos pays, étant à Bruxelles. Pour lui, il n’y a pas meilleure façon de toucher du doigt des problèmes que de discuter avec les acteurs. «Nous sommes disposés à explorer avec l’UE, les modalités d’une relation, d’un partenariat renouvelé pour aller ensemble», a laissé entendre le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Il a insisté sur la souveraineté du Mali avec à la clé, le rappel des trois principes inscrits dans la Constitution du 22 juillet 2023. Toutefois, le ministre Diop a soutenu que la prise en main de notre destin ne signifie aucunement que le pays est fermé.
Namory KOUYATE
Source : l’Essor
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