Rentrer au pays les mains vides est souvent perçu comme un échec, un poids social difficile à porter pour des milliers de jeunes Maliens dont le rêve migratoire s’est brisé. Pourtant, ce narratif de la honte est en train de basculer. Plutôt que de voir en ces rapatriés un fardeau, les autorités maliennes font le choix audacieux d’y déceler un véritable vivier de talents.
C’est tout le sens de la nouvelle dynamique impulsée par le ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine. Mossa Ag Attaher a chevauché l’etape de la compassion, pour se fixer à la relance économique. Une enveloppe globale de 121 millions de francs CFA, entièrement mobilisée sur le Budget Spécial d’Investissement (BSI) de l’État, vient d’être débloquée pour financer directement 90 projets d’insertion portés par des migrants de retour.
Derrière ce financement se cachent des parcours de résilience. Sur plus de 200 dossiers initialement examinés, les 90 initiatives lauréates témoignent d’une grande volonté de réussir sur ses propres terres. Ils ont oubliés les mirages périlleux du désert ou de la Méditerranée ; l’avenir se construit désormais dans des secteurs vitaux et ancrés dans les réalités locales, tels que l’embouche bovine, le maraîchage, l’artisanat, le commerce et les services.
L’approche a d’ailleurs le mérite de d’éviter une concentration totale à Bamako. Si la capitale capte logiquement une partie des financements, ce souffle entrepreneurial irrigue aussi l’intérieur du pays, soutenant des projets à Gao, Tombouctou, San, Nioro et Kita. En misant sur ces micro-entreprises, le ministre Mossa Ag Attaher cherche à briser la précarité en offrant à ces jeunes une véritable autonomie financière, tout en redynamisant les économies régionales.
S’inscrivant dans la vision de souveraineté et de valorisation du capital humain prônée par le Président de la Transition, le Général Assimi Goïta, cette initiative illustre un vrai changement de paradigme. Le migrant de retour n’est plus un rescapé à assister, mais un créateur de richesses de premier plan. Une manière de prouver à la jeunesse malienne qu’avec le bon accompagnement, la réussite n’est pas qu’au-delà des frontières.
Stephan MOMO (stagiaire)
MALI 24
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