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Démolition d’habitats et relogement de leurs occupants : Presque 4 milliards FCFA pour ‘’réparer’’ l’incivisme!

Pour éviter la répétition des drames de l’hivernage passé, le gouvernement a annoncé une vaste opération de démolition des constructions réalisées dans les servitudes et lits des 11 cours d’eau non flottables qui traversent la ville de Bamako.   Les personnes concernées seront relogées. L’opération devrait coûter quelque 3,9 milliards de nos francs au contribuable à cause du laxisme et de l’incivisme de certains.

Selon son Directeur, Mahamadou Ouologuem, la Direction nationale de l’urbanisme et de l’habitat a  recensé plus de 700 occupations illicites sur les lits et les servitudes des 11 marigots du district de Bamako. L’une des causes premières des nombreuses inondations hivernales qui ont touché le  district de Bamako en 2013, 2019 et 2024, rapporte la même source, est «l’occupation des cours d’eaux flottables et non flottables ».

«Les occupations illicites des domaines publics et privés de l’Etat, sont devenues un phénomène courant dans notre pays. Elles ont atteint des proportions inquiétantes et concernent les emprises et les servitudes des domaines ferroviaires, des cours d’eau, des forêts classées, des zones agricoles…, particulièrement dans le District de Bamako» a résumé le Directeur national de l’Urbanisme et de l’Habitat Mahamadou Ouologuem. «Ces constructions illicites obstruent le passage des eaux pendant l’hivernage et favorisent les inondations», déplore à son tour Almaïmoune Ag Almoutapha, conseiller technique du  ministre de tutelle.

Le Directeur national de l’Urbanisme a souligné la mise en place des sous-commissions chargées de communiquer, de sensibiliser sur le projet, baliser, identifier, collecter, actualiser les données relatives aux cours d’eau, gérer des questions sociales, de démolir. Une commission se chargera des questions juridiques. Et les sous-commissions seront constituées des représentants de la DNUH, de l’IGM, de la DGPC, et du représentant de l’ordre des Huissier de justice.

Ainsi, sur les 3,9 milliards de FCFA mobilisés pour cette opération de démolition des constructions anarchiques qui sera menée par le génie militaire.

Le constat est unanime : le laxisme et l’incivisme dans la gestion de la capitale sont responsables de la mort de plus 84 personnes en octobre 2024. Il est déplorable qu’on en soit arrivé là, dans la mesure où l’occupation anarchique des servitudes et des lits des cours d’eau est une violation flagrante des normes et un danger pour la sécurité collective. Le dysfonctionnement institutionnel, la corruption et le laxisme ont ainsi permis à ces pratiques de prospérer.  Cette manne aurait permis de construire des écoles, des centres de santé ou renfoncer les capacités logistiques des FaMas.

Ousmane Tangara et Rokia Coulibaly

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