En marge de la 52ᵉ session du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de coopération islamique (OCI), tenue à Bagdad les 17 et 18 octobre, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont affiché une parfaite convergence de vues. Fidèles à leur volonté de coordonner leur diplomatie sur les scènes internationales, les émissaires de la Confédération des États du Sahel (AES) se sont réunis pour parler d’une seule et même voix au sein de la deuxième plus grande organisation intergouvernementale au monde.
Placée sous le thème « Dialogue et solidarité, deux piliers fondamentaux pour promouvoir la paix et le développement durable », cette rencontre ministérielle offrait un cadre idéal aux pays de l’espace sahélien pour faire valoir leurs impératifs de souveraineté et de sécurité. Au cœur des échanges, la prise en compte des résolutions et orientations de l’AES par l’organisation a constitué une priorité stratégique majeure. Les trois États ont également plaidé avec insistance pour le renforcement des capacités et des prérogatives du Bureau régional de l’OCI basé à Niamey, destiné à servir de courroie de transmission concrète entre l’institution islamique et les réalités du Sahel.
Au-delà des textes généraux, les diplomates burkinabè, maliens et nigériens ont synchronisé leurs positions sur les dossiers de candidatures. En consolidant leurs arbitrages au sein du Groupe africain de l’OCI, les trois capitales cherchent à maximiser leur poids décisionnel et à s’assurer des soutiens mutuels lors des votes et désignations au sein de l’appareil multilatéral.
Enfin, la concertation a dépassé les strictes considérations géopolitiques pour embrasser le terrain de la diplomatie culturelle. Les délégations ont profité de conclave pour promouvoir l’édition 2027 du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), invitant le monde musulman à soutenir ce rendez-vous emblématique de l’identité et de la créativité africaines.
Cette démarche commune à Bagdad illustre la montée en puissance du pilier diplomatique de l’AES. En s’exprimant d’un bloc uni, Ouagadougou, Bamako et Niamey réaffirment que leur intégration politique ne relève plus seulement de la doctrine régionale, mais d’une doctrine active projetée avec méthode sur l’échiquier mondial.
Stephan MOMO (stagiaire)
MALI 24
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