Entre Nous : Symphonie inachevée !
Il y a plus d’un an, le gouvernement de transition a procédé à la dissolution des conseils communaux de plusieurs circonscriptions du pays. La preuve : le 24 janvier 2024, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a informé le Conseil des ministres de la dissolution des Conseils communaux de Kati (région de Koulikoro) et de Zan Coulibaly (région de Dioïla).
Le 25 septembre 2024, le Conseil des ministres a été informé par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation de la dissolution des Conseils communaux des communes rurales de Konsiga (région de Kayes) de Koula, de Baguinéda-Camp et de Kambila (région de Koulikoro).
Le mercredi 6 novembre 2024, le Conseil des ministres a pris connaissance de la dissolution du Conseil communal de Kalabancoro (région de Koulikoro).
La dissolution du Conseil communal de la Commune VI du District de Bamako a été rendue publique lors du Conseil des ministres du 27 décembre 2024.
Le 17 janvier 2025, la dissolution des Conseils communaux des Communes rurales de Dialakorodji et de Safo a été actée par le Conseil des ministres. Les Conseils communaux des communes rurales de Faléa et de Sagolo (région de Kayes) ont été dissouts lors du Conseil des ministres du 5 février 2025. Le 14 mai 2025, ce fut le tour du Conseil communal de la Commune rurale de Dabia (région de Kayes) de passer à la trappe.
Ce n’est pas tout : depuis la fin du mandat de la Délégation spéciale dirigée par le Contrôleur général de police à la retraite, Balla Traoré, la Mairie du District de Bamako est gérée par un cadre chargé d’expédier les affaires courantes. Cela fait bientôt 6 mois.
À l’image de Kati, de la Commune VI du District de Bamako, de Kalanban-coro, de Kambila, de Baguinéda-Camp, plusieurs collectivités, dont les conseils communaux ont été dissouts, sont sans organe exécutif.
Les arguments juridiques invoqués pour justifier la dissolution de ces Conseils communaux tiennent-ils la route ? Pourquoi dissoudre des Conseils communaux et laisser les communes sans exécutif pendant plus d’un an ? Qu’est-ce qui empêche le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation de poursuivre ce qu’il a entamé ? Qu’attend –il pour mettre en place des Délégations spéciales ? Le gouvernement mesure-t-il l’impact de l’absence des organes exécutifs sur le quotidien de ces collectivités ? Les textes régissant la décentralisation octroient-ils la compétence au Secrétaire général et à d’autres agents de la Mairie de signer des actes administratifs en lieu et place des membres des organes exécutifs ?
De toute évidence, l’inaction du chef du département en charge de l’Administration du territoire national, de surcroît Premier ministre, est incompréhensible. L’absence des Délégations spéciales dans certaines collectivités plus d’un an après la dissolution de leurs conseils communaux traduit sans doute des dysfonctionnements notoires. C’est comme une symphonie inachevée qui entache la refondation que les autorités de transition clament urbi et ordi.
Par Chiaka Doumbia
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