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Kayani Traoré, Fondatrice de la Plateforme Maliya : « Le principal obstacle est le manque de soutien financier »

Madame Kayani Traoré est une informaticienne spécialisée en administration des systèmes et réseaux. Elle est la Fondatrice de la Plateforme Maliya, une plateforme numérique dédiée à la visibilité et à la mise en relation des artisans, des créateurs locaux, des associations et des initiatives.

Dynamique et entreprenante, cette jeune dame issue de la diaspora malienne a des grandes ambitions. Depuis un an, son équipe et elle travaillent sur le terrain pour prendre des contacts visant à alimenter la plateforme. En marge de la cérémonie de la 2ème édition des Woman Leadership Awards-Prix Aoua Kéïta au cours de laquelle elle a été distinguée dans la catégorie « Entrepreneuriat & Innovation », la rubrique Femme de Mali24 a rencontré Kayani Traoré. Entretien !

Qu’est-ce qui vous a inspiré à créer Maliya ?

J’ai développé la plateforme Maliya pour mettre en avant toutes les entreprises, associations, artistes et artisans du Mali. Chaque acteur a sa place et a besoin de visibilité. Au Mali, les talents sont nombreux, mais souvent moins visibles à l’étranger et méconnus même par la diaspora malienne.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours et comment la plateforme Maliya contribue-t-elle à la valorisation de l’artisanat malien ?

Actuellement, le lancement des artisans et de leurs produits est totalement gratuit sur la plateforme.

Issue de la diaspora, je suis souvent venue au Mali, mais je ne savais pas où trouver ce que je cherchais. J’ai réalisé qu’il est important de poser des questions, mais aussi dommage de ne pas être visible. Les informations sur les restaurants, les associations ou les lieux culturels ne sont pas toujours accessibles à la diaspora. C’est de cette réflexion qu’est née l’idée de Maliya.

La plateforme offre une visibilité gratuite à tous ceux qui souhaitent être référencés. J’ai des médiateurs sur le terrain qui recherchent activement des artisans. Ces derniers jouent un rôle essentiel, et nous intégrons également des artistes pour les mettre en avant.

Parlez-nous des défis rencontrés

Le principal obstacle est le manque de soutien financier. Cependant, nous avons réussi à présenter Maliya aux autorités, notamment à l’API, au ministre des Maliens établis à l’étranger, ainsi qu’au centre de formation CICF.

Comment assurez-vous la pérennité de Maliya ?

Pour garantir la pérennité de la plateforme, nous avons des projets concrets. Nous prévoyons, dans les jours à venir, de mettre en place des cotisations annuelles pour assurer la durabilité de Maliya. Il est important que les entrepreneurs comprennent qu’il y a un travail derrière cette initiative et qu’une petite contribution est nécessaire pour sa survie.

Cette initiative prometteuse vise non seulement à promouvoir l’artisanat malien, mais également à renforcer les liens entre la diaspora et le pays d’origine. C’est une plateforme de mise en commun et d’échange, ainsi qu’un lieu de rencontre pour les professionnels, en particulier les femmes, afin de leur ouvrir des opportunités.

Quel est votre message à l’endroit des jeunes femmes ?

Les femmes sont des reines de ce monde, des battantes, et nous avons notre place dans le développement économique du pays. C’est primordial. Malgré ce que l’on pourrait dire aux femmes, il est essentiel d’être indépendante, et l’ère du numérique est le meilleur moyen d’y parvenir. Je dirais également aux femmes de ne pas avoir peur du numérique et de la visibilité.

Propos recueillis par Korotoumou Doumbia

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