MSC et CMA-CGM ont probablement éteint le feu avec les autorités maliennes pour mieux se dérober. Après l’annonce en grande pompe de l’arrêt de leurs activités en direction de la capitale, les deux gros armateurs de classe mondiale ont officiellement battu en retraite, à l’issue d’une houleuse prise de langue avec les autorités compétentes. Lesquelles ont pu les convaincre de revenir sur leur décision de limiter l’acheminement des marchandises maliennes aux seules destinations portuaires. Or la décision des deux géants mondiaux avait été motivée par des obstacles dont aucune n’a été levée. En plus des incertitudes sécuritaires, nos confidences parlent de saturation des ports à des proportions ingérables et qui ont visiblement imposé une dérobade aux principaux armateurs. La faiblesse du parc logistique malien est passé par-là pour n’avoir pas réussi à combler le grand vide créé par la réticence des transporteurs sénégalais à emprunter le corridor Dakar – Bamako. Ils invoquent certes l’état défectueux de la route et l’insécurité, mais les deux facteurs se sont surtout greffés aux nouvelles contraintes consécutives à la rigueur du département malien des transports sur l’application du Règlement numéro 14 de l’UEMOA. Il impose notamment une conformité aux normes de pesage et de gabarit que les transporteurs sénégalais ne semblent pas disposés pour l’heure à observer. En tant que détenteurs de l’essentiel des camions qui ravitaillent le Mali, leur réticence est à l’origine d’une saturation des entrepôts par des milliers de cargaisons auxquels les armateurs n’ont d’autres solutions que de s’en défaire par un renoncement à une portion de leurs prestations. Il en faut donc plus qu’une simple promesse aux autorités maliennes pour inverser une tendance qui dépend de la levée d’obstacles encore persistantes.
le temoin
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