Si rien n’est fait, la Cité mystérieuse pourrait se vider de l’un des symboles les plus emblématiques de sa riche histoire ainsi que de son patrimoine touristique. Il s’agit notamment des chameaux, que certains observateurs ont jadis qualifiés de «navires du désert». Il se rapporte, en effet, que les pauvres bêtes de trait font les frais d’une impitoyable disette de viande qui s’abat sur la ville de Tombouctou. L’impact de l’insécurité sur la transhumance du cheptel traditionnel est passé par là, mais le phénomène est aussi aggravé par la forte demande de chair rouge pendant ce mois de carême. Lorsqu’elle existe encore dans les boucheries, difficile d’accéder à la denrée au prix qu’impose la rareté. C’est ainsi que la viande de chameau est devenue abondante et incontournable dans les abattoirs ainsi que sur les étals de bouchers, en remplacement du bœuf et du mouton introuvables ou in inaccessibles aux bourses ordinaires quand ils existent. Le hic c’est que le chameau est le recours prisé à la fois des sédentaires et des hordes de combattants djihadistes qui contribuent également à décimer un bétail qui n’était naguère destiné à la consommation que pour les produits laitiers et vertus médicinales de sa viande.
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