Le monde politique malien a été surpris, la semaine dernière, par une démarche pour le moins inattendue de la part des autorités de transition. Elles ont procédé, en effet, à la levée subite de la suspension des activités politiques ayant naguère entraîné l’incarcération d’une bonne dizaine de leaders politiques accusés entre autres d’avoir contrevenu à la mesure de restriction des libertés publiques. Beaucoup d’observateurs y ont vu le signe annonciateur d’un apaisement ainsi que d’une volonté d’ouverture au retour à l’ordre constitutionnel. Certains rivalisent même de reconnaissances envers les autorités dont l’intention apparente paraît corroborée par la reprise annoncée des concertations entre l’AIGE et la classe politique. De la simple poudre aux yeux, estiment pourtant certains, qui aiment rappeler les circonstances dans lesquelles la levée est intervenue. Elle est consécutive notamment au bras de fer entre la Banque mondiale et les autorités au sujet d’une soixantaine de milliards essentiellement destinée à juguler les crises énergétique et alimentaire au Mali. Au nombre des conditionnalités posées pour la mobilisation de la manne figure justement la levée de la suspension des activités. Toutes choses qui jettent le doute sur la sincérité de la bonne foi que les plus pessimistes prêtent aux hautes autorités.
Le Témoin
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