Mali : cet autre terroriste invisible
Depuis plus d’une décennie, le Mali vit au rythme d’une crise multidimensionnelle dont le terrorisme demeure le visage le plus violent. Attaques meurtrières, psychose, tentative d’asphyxie de l’économie, déplacements massifs de populations, bref le pays continue de payer un lourd tribut à une guerre imposée.
Avec l’arrivée des autorités de la Transition, sous le leadership du général d’armée Assimi Goïta, la riposte antiterroriste a changé de dimension. Les Forces armées maliennes (FAMa), aujourd’hui mieux équipées et plus offensives, ont repris l’initiative sur plusieurs théâtres d’opérations, infligeant des revers significatifs aux groupes armés terroristes.
Mais l’ennemi, acculé sur le terrain militaire, s’est adapté. Incapables d’affronter frontalement les FAMa, les terroristes ont déplacé leur stratégie vers des cibles plus vulnérables comme les installations industrielles, les citernes de transport d’hydrocarbures, les infrastructures économiques vitales. Une guerre de sabotage destinée à fragiliser l’économie nationale et semer la peur au sein des populations.
Derrière ces attaques se cache un autre danger, plus insidieux encore, il s’agit du terroriste invisible. Celui qui donne en cachette des informations à l’ennemi. Selon plusieurs analyses sécuritaires, la résilience des groupes terroristes repose désormais sur un vaste réseau de complicités internes. Des informateurs tapis dans des villages et des villes, parfois au cœur même des communautés, fournissent des renseignements précis sur les mouvements des forces de défense et de sécurité, mais aussi sur les populations civiles ensuite prises pour cibles.
Cette trahison ne se fait pas gratuitement. Elle est alimentée par un réseau mafieux où l’information se vend au plus offrant, au détriment de la sécurité collective. Une posture suicidaire qui, loin de protéger ces complices, expose durablement leurs propres communautés à la violence et à l’instabilité.
Face à cette menace silencieuse, l’heure est à la responsabilité. La lutte contre le terrorisme ne peut être l’affaire exclusive des FAMa. Elle exige une vigilance accrue des populations, un sursaut patriotique et le courage de dénoncer ceux qui, dans l’ombre, vendent le pays à l’ennemi. Car sans cette rupture avec la complicité interne, le terrorisme continuera de muter, invisible mais toujours aussi destructeur.
Massassi
Mali24
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