Mali : l’observatoire de la paix, un outil souverain pour tourner la page de l’accord d’Alger
Le Mali amorce un nouveau tournant dans son processus de stabilisation politique et sécuritaire. Avec la mise en place de l’Observatoire de la paix, les autorités entendent doter le pays d’un mécanisme national chargé de veiller à l’application de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation, adoptée en 2025 à l’issue du Dialogue inter-maliens.
Cette nouvelle structure s’inscrit dans une dynamique enclenchée après la dénonciation de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger de 2015. Le Dialogue inter-maliens, organisé en 2024, avait alors permis aux forces vives de la Nation de repenser le cadre de la réconciliation autour d’une approche jugée plus souveraine et adaptée aux réalités nationales.
L’Observatoire sera présidé par l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, qui avait également dirigé la commission de rédaction de la Charte nationale. Sa désignation est perçue comme un gage d’expérience et de continuité dans la mise en œuvre des engagements issus du Dialogue.
Autour de lui, plusieurs personnalités reconnues de la scène nationale ont été désignées, notamment Zeïni Moulaye, ancien ministre des Affaires étrangères, Fatoumata Sékou Dicko, ex-ministre chargée des Réformes politiques et institutionnelles, ainsi que le guide religieux Thierno Hady Thiam. Des représentants des sphères politique, administrative, religieuse et de la société civile complètent la composition de l’organe, traduisant une volonté d’inclusivité.
Structurée en plusieurs titres et chapitres, la Charte nationale pour la paix et la réconciliation définit les orientations politiques et institutionnelles destinées à refonder l’action publique autour du vivre-ensemble, du renforcement de l’unité nationale et de la consolidation de la paix.
L’Observatoire aura pour mission d’en assurer le suivi, d’évaluer la mise en œuvre des engagements pris et de formuler des recommandations aux autorités compétentes. Il devra également veiller à ce que les principes adoptés ne restent pas de simples déclarations d’intention, mais se traduisent en actions concrètes sur le terrain.
La création de cet organe marque une étape supplémentaire dans la volonté affichée des autorités de tourner la page de l’Accord d’Alger et d’inscrire le processus de réconciliation dans un cadre strictement national. Selon les autorités maliennes, il s’agit de consolider une approche fondée sur la souveraineté, l’appropriation interne des mécanismes de paix et la responsabilisation des acteurs nationaux.
Dans un contexte marqué par la poursuite des efforts de stabilisation politique et sécuritaire, l’Observatoire de la paix se veut ainsi un instrument de veille, d’alerte et de proposition.
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