A la uneFemmeMediasSociété

Mariam Dembélé, Militante des Droits des femmes : « Notre féminisme est ancré dans notre réalité et nos priorités spécifiques »

Juriste de formation, Mariam Dembélé est une militante inflexible des droits des femmes. Dans un contexte où les droits des femmes restent un enjeu majeur au Mali, elle se bat pour la promotion et la protection des droits des femmes. Elle continue d’inspirer par son engagement et sa passion pour les droits des femmes, offrant une lueur d’espoir pour un avenir plus égalitaire au Mali.

À travers son engagement, elle éclaire les défis que rencontrent les femmes maliennes tout en appelant à une transformation des mentalités et des structures sociétales. Dans cette interview accordée à la rubrique Femmes de Mali24, Mariam Dembélé partage ses réflexions sur le féminisme et la nécessité d’une mobilisation collective pour un avenir plus équitable. Entretien !

Pouvez-vous nous parler de ce qui vous a poussé à vous engager pour la promotion et la protection des droits des femmes au Mali ?

Mon engagement découle principalement de ma formation universitaire en droit. Pendant mes études, j’ai constaté des incohérences entre les lois existantes et la réalité sur le terrain. Ce décalage m’a profondément interpellée, notamment en voyant des jeunes femmes contraintes d’abandonner leurs études pour des raisons telles que des maltraitances ou la pression familiale. Il m’a semblé inacceptable qu’elles renoncent à un diplôme pour des situations aussi déplorables. Cela m’a poussée à m’investir dans la défense de leurs droits.

Y a-t-il une différence entre le féminisme au Mali et celui de l’Occident ?

Oui, il y a une différence. Le féminisme, qu’il soit en Afrique ou en Occident, naît d’un constat d’inégalités et de violences faites aux femmes. Cependant, au Mali, notre féminisme est ancré dans notre réalité et nos priorités spécifiques. Nous avons des besoins différents, et notre approche doit tenir compte de ces particularités culturelles et sociales. Pour ce faire, nous avons adapté selon nos réalités et nos besoins au Mali.

Votre engagement vous expose-t-il à des pressions sociales et familiales ?

Naturellement, dans une société patriarcale comme la nôtre, toute personne cherchant à remettre en question les privilèges masculins peut être perçue comme une menace. Il est donc normal de faire face à des pressions. Toutefois, je ne laisse pas cela m’affecter. Ma conviction est plus forte que ces obstacles. Je suis consciente des inégalités et des violences auxquelles les femmes font face, et je suis convaincue qu’un équilibre profitera à tous.

Quelle est la situation actuelle des droits des femmes au Mali ?

Sur le plan législatif, il y a eu des avancées significatives. Bien que certaines lois nécessitent des améliorations, comme l’adoption d’une loi spécifique contre les violences basées sur le genre, l’exécution des lois demeure problématique. Nous avons les textes, mais leur mise en œuvre est un défi. Nous nous battons pour amélioration et l’application de ces textes qui va beaucoup aider les femmes.

Quels sont les principaux défis auxquels les femmes maliennes sont confrontées ?

Le plus grand défi est la mentalité héritée d’une hiérarchisation des genres, qui engendre une peur du changement. L’accès à l’éducation et à l’autonomisation économique est limité, et les femmes sont souvent absentes des processus décisionnels. De plus, certaines pratiques traditionnelles continuent de leur porter préjudice.

Que doit-on faire pour relever ces défis ?

Il est essentiel d’agir à plusieurs niveaux. Renforcer l’application des lois est primordial, ainsi que d’investir massivement dans l’éducation des jeunes filles. L’autonomie économique des femmes doit également être renforcée, car la dépendance économique est un facteur qui alimente la violence. Nous devons transformer les normes sociales néfastes et soutenir les organisations féministes qui œuvrent pour la sensibilisation et la protection des femmes, notamment dans les zones de crise.

Selon vous, quel rôle la jeunesse féminine doit jouer pour atteindre ces objectifs ?

La jeunesse féminine joue un rôle central dans ce changement. Elle doit s’informer, développer un esprit critique et briser le silence autour des injustices. S’impliquer dans les espaces de décision est crucial pour atteindre nos objectifs. De plus, il est important qu’elles utilisent les outils numériques pour s’informer et partager des informations. La solidarité féminine est également essentielle dans cette lutte.

Propos recueillis par Korotoume Doumbia

Mali24

Boîte de commentaires Facebook

En savoir plus sur Mali 24

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.