Musée National du Mali : un trésor culturel fragilisé par de graves dysfonctionnements de gestion
Le vernis culturel ne suffit plus à masquer les fissures. Une récente vérification de performance menée par le Bureau du Vérificateur Général (BVG) sur la gestion du Musée National du Mali (MNM), couvrant la période du 1er janvier 2022 au 31 mars 2025, met à nue de sérieuses faiblesses qui compromettent l’atteinte des missions fondamentales.
Premier constat alarmant porte sur le Conseil d’Administration qui fonctionne mal. Selon le BVG, son dysfonctionnement ne favorise ni la performance ni la réalisation des objectifs stratégiques du musée. En cause, l’absence de renouvellement des administrateurs et l’irrégularité des sessions ordinaires. Face à cette situation, le rapport recommande au ministre chargé de la Culture de procéder sans délai à la nomination de nouveaux administrateurs par décret, tandis que le président du Conseil d’Administration est appelé à assurer la tenue régulière des sessions statutaires.
La gestion des ressources humaines apparaît elle aussi désorganisée et peu conforme aux normes. Absence d’accord d’établissement validé, inexistence de règlement intérieur formel, cadre organique non respecté, plan de recrutement et de formation quasi inexistant, autant de manquements qui fragilisent le fonctionnement interne du MNM. Le BVG invite la Direction générale à remettre de l’ordre en soumettant tous les documents de référence à l’approbation du Conseil d’Administration et à mettre en œuvre un véritable plan de formation du personnel.
Si le Musée National du Mali dispose d’un système de conservation globalement satisfaisant, certaines lacunes réduisent son efficacité. Dispositifs de surveillance partiellement défaillants, poste clé de chef de section Conservation non pourvu, inventaire encore manuel, bibliothèque insuffisamment entretenue : autant de faiblesses qui exposent le patrimoine à des risques évitables. Le BVG préconise notamment l’informatisation complète de l’inventaire et le renforcement des dispositifs de sécurité.
Autre point noir, l’insuffisance des activités de collecte, d’études et de recherches. Le rapport souligne que le MNM n’assure pas efficacement l’enrichissement des connaissances sur le patrimoine culturel national. L’absence d’un système d’inventaire moderne et la rareté des missions scientifiques freinent la valorisation des collections. La recommandation est claire : programmer et réaliser régulièrement des missions de recherche et de fouilles archéologiques.
Malgré la richesse de ses collections, le Musée National n’organise pas de manière efficace les expositions destinées au grand public. Résultat : une accessibilité limitée du patrimoine culturel. Pour y remédier, le BVG recommande l’élaboration d’un chronogramme clair et régulier des expositions, condition essentielle pour redynamiser l’attractivité du musée.
Mieux, le rapport pointe des irrégularités graves dans la mobilisation et le contrôle des recettes propres. Tickets d’entrée non fiables, absence de décision fixant les tarifs, non-délivrance de quittances et de factures, contrôle quasi inexistant de la régie de recettes : ces pratiques privent le MNM de ressources indispensables à son fonctionnement. Le BVG appelle à une réforme urgente du système de billetterie, à la fixation officielle des prix et à un contrôle rigoureux des opérations financières par l’Agent comptable, le Régisseur de recettes et la Gestionnaire de la boutique.
Massassi
Mali24
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