Désormais au Mali la seconde étape du rétropédalage démocratique semble avoir eu raison du débat contradictoire progressivement muselé par d’insoutenables pressions à peines voilées exercées par le pouvoir public. Cette aberrante situation, en effet, est lisible sur l’agonie où sont plongés les débats télévisés les plus suivis au plan national et international. Or, par-delà les vertus didactiques qui en souffrent, le public en est privé par l’effacement de leur évidente nécessité première car aucun pouvoir soucieux du devenir de la nation ne doit se complaire dans une carence de confrontation des idées et convictions qu’offre le cadre des débats contradictoires crédibles et instructifs. Si nous avons coutume d’entendre que du débat d’idées jaillit la lumière, il va de soi que l’omerta asphyxie la liberté d’opinion et enferme le pays dans le vicieux cocon de la pensée unique. Une pensée unique qui de tout temps s’est révélée un véritable train perfide conduisant tous ses passagers à deux destinations inéluctables notamment le précipice ou la honteuse cour de l’histoire. En tout cas, au Mali, la pleine liberté d’opinion est un précieux et indispensable acquis qui doit survivre à la déliquescence démocratique pour le bien de tous car l’histoire réserve toujours des revirements de situations.
Seydou Diakité
Le Témoin
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