Palestine : La population face à une foi sous pression à l’ombre d’une justice mortelle
L’ambassade de l’État de la Palestine au Mali a accueilli une séance d’information et d’échanges réunissant des représentants d’environ une vingtaine de pays ce mercredi 8 avril 2026. Une terre sous occupation israélienne depuis un long moment, la rencontre a porté sur une réalité alarmante, notamment l’atteintes graves aux libertés religieuses et le durcissement des mesures judiciaires contre les Palestiniens.
Dans un climat chargé d’émotion, l’ambassadeur de l’Etat de la Palestine au Mali, M Hassan Al Balawi a livré un témoignage poignant à travers des faits et souffrances humaines. Il a décrit une situation où la question des prisonniers palestiniens ne relève plus seulement du droit, mais d’une réalité profondément humaine et spirituelle. « Derrière chaque détenu, il y a une vie, une famille, une dignité », a-t-il souligné.
La récente loi autorisant la peine de mort contre certains prisonniers palestiniens cristallise les inquiétudes. Selon l’ambassadeur, cette disposition s’inscrit dans un système juridique à deux vitesses, visant essentiellement les Palestiniens. Une mesure perçue comme une forme de stigmatisation, voire de condamnation collective, dans un contexte où plus de 9 000 Palestiniens sont détenus, souvent dans des conditions dénoncées comme inhumaines.
Au-delà des prisons, la dimension religieuse du conflit suscite une vive inquiétude. La fermeture prolongée de la mosquée Al-Aqsa, les restrictions imposées aux prières, notamment durant le Ramadan et l’Aïd El-Fitr, ainsi que les limitations inédites visant les célébrations chrétiennes à l’église du Saint-Sépulcre, traduisent une atteinte profonde à la liberté de culte. Pour Hassan Al Balawi, ces actes marquent une dangereuse évolution. « Transformer un conflit politique en conflit religieux, c’est ouvrir la voie à une guerre sans fin », a-t-il dénoncé.
Dans la bande de Gaza, la crise humanitaire continue de s’aggraver avec son corollaire des destructions massives, l’accès limité aux soins et les conditions de vie extrêmement précaires, ce qui fait que des millions de civils vivent dans une détresse quotidienne. En Cisjordanie, les incursions répétées, les arrestations massives et les violences des colons contribuent à un climat d’insécurité permanent.
Face à cette situation, la communauté diplomatique appelle au dialogue. L’ambassadeur d’Espagne M Antonio Guillé Hidalgo a exprimé la préoccupation de son pays. « Notre gouvernement n’accepte pas ce qui se passe en Cisjordanie. Il est essentiel que les diplomates continuent de se parler pour éviter que ces tensions ne dégénèrent davantage. » a-t-il précisé.
De son côté, M Sambou Diadjé Fofana, membre du CNT, a réaffirmé la position du Mali. « La peine de mort appliquée aux Palestiniens constitue une stigmatisation. Le Mali reste fidèle à son engagement historique de solidarité, de fraternité et de défense des droits des peuples », a-t-il déclaré.
Kada Tandina
Mali24.info
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