Racisme et sport : L’Argentine fâche la France

Dans la foulée de la célébration de leur sacre au Copa America, les joueurs d’Argentine ont été accusés de chants  « racistes » contre les Bleus. Un acte dénoncé par la Fédération française de football qui a décidé de porter plainte devant les instances du football mondial.

En célébrant leur sacre à l’issue de la Copa America, les joueurs argentins s’en sont pris à la France qu’ils qualifient «d’Européens colonisateurs». Dans une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, certains vont plus loin en indexant les noirs de l’équipe française de football «ils jouent pour la France mais viennent tous d’Angola, c’est bien ils savent courir, ce sont les Trans…». La chanson qui indigne l’opinion française a été relayée par des médias français.

Dans un communiqué en date du 16 juillet, la Fédération française de football a exprimé son mécontentement et son intention de réagir à de tels actes qu’elle juge discriminatoires et indignes d’un sport. «Face à la gravité de ces propos choquants, contraires aux valeurs du sport et des droits humains, le président de la FFF a décidé d’interpeller directement son homologue argentin et la FIFA et de déposer une plainte en justice pour propos injurieux à caractères racial et discriminatoire», selon ce communiqué posté sur son compte X.

«Le sport c’est le fair-play et non la guerre», chante notre Askia Modibo. Et l’esprit sportif doit prévaloir, même en dehors des aires de jeu, rappellet-il. Car le sport est plutôt un facteur de cohésion voire de communion que de discrimination. Le ballon rond ne connaît pas la couleur de la peau. Tout comme le talent !

 

Le Noir toujours victime

Hélas la discrimination raciale demeure un obstacle majeur à la promotion de ces valeurs.  La cible privilégiée de cette triste réalité qui met en scène autant le supporter passionné,  le nigaud sur la pelouse que l’ignard politique du haut de sa tribune: le Noir. Il est victime des chants racistes ou d’autres actes discriminatoires lors des matchs, des célébrations,  même hors des stades.

Les responsables politiques français de l’extrême droite tiennent souvent des déclarations qui tombent sous les sens. En 2018, lors de la Coupe du monde au Qatar, Marine Le Pen déclarait: «J’avoue que je ne me reconnais pas particulièrement dans cette équipe», s’était-elle indignée sur le plateau de BFMTV. Le truculent Éric Zemmour ne dit pas autre chose en se plaignant de voir trop de noirs dans l’équipe. «Le fait qu’il y ait 8 ou 9 joueurs d’origine africaine ou noire dans l’équipe de France pose un problème. S’il y avait 09 Blancs dans l’équipe sénégalaise, les Sénégalais s’interrogeraient. Il faut que l’équipe ressemble au pays», avait déclaré le polémiste français.

Autant les propos de ces responsables de l’extrême droite ne représentent pas la France, autant les agissements des joueurs argentins sont contraires aux valeurs sportives. Il appartient à la FIFA de prendre la mesure de leur gravité et de sévir  conséquemment.

Broulaye Koné.

le challenger

 

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