Le Conseil des ministres du mercredi 30 septembre 2026 a posé des actes fondateurs pour l’avenir du secteur extractif malien. Sous l’impulsion du ministre des Mines, le Pr Amadou Keita, le gouvernement de Transition a adopté une série de textes majeurs. L’objectif est de faire des richesses du sous-sol un véritable levier de développement, en misant à la fois sur l’expertise locale et sur la confiance des investisseurs internationaux.
Le fait marquant de ce Conseil est sans conteste la création de l’École des Mines et du Pétrole. Paradoxalement, bien que le Mali soit un géant minier en Afrique, le pays souffrait d’un déficit de structures pour former ses propres ingénieurs et techniciens. Cette nouvelle institution aura pour lourde tâche d’assurer la formation de cadres nationaux de haut niveau. Le temps où l’exploitation nécessitait systématiquement le recours à une expertise étrangère est révolu, Bamako veut désormais maîtriser la chaîne de compétences de A à Z.
Cette quête de souveraineté intellectuelle et technique s’accompagne d’une refonte institutionnelle. L’ancien Programme pour le Développement des Ressources minérales, obsolète car hérité de 1990, cède la place à une structure plus moderne : l’Agence pour la Recherche et le Développement des Ressources minérales. Érigée en pôle scientifique, elle englobera désormais la recherche pétrolière et gazière, un volet jusqu’ici négligé, afin de mieux cartographier le potentiel national.
Mais le patriotisme économique n’exclut pas l’attractivité. Le Conseil a également acté le renouvellement de dix permis de recherche d’or pour diverses sociétés (Robex, Africa Mining, Comicar…). Ce geste fort marque la fin d’une longue période d’attente pour les opérateurs, touchés par la suspension des renouvellements entre décembre 2022 et mars 2025. Accordés pour des zones stratégiques comme Kéniéba, Kayes ou Bougouni, ces renouvellements permettront de poursuivre des explorations prometteuses.
En assainissant son cadre législatif pour le rendre transparent et sécurisé, le Mali transmet le message selon lequel, le pays reste grand ouvert aux partenariats gagnant-gagnant, tout en s’assurant que les retombées et l’expertise profitent d’abord aux Maliens.
Stephan MOMO (stagiaire)
MALI 24
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