Sopafer/Mali: Deux (2) agents en prison menacent d’ouvrir la boîte de Pandore
Chassez le naturel, il revient au galop. Cette maxime sied manifestement avec la Société de Patrimoine Ferroviaire du Mali (SOPAFER). Longtemps taxée de gestion très peu orthodoxe des baux du domaine ferroviaire, notamment par les occupants illégaux (stations d’essence, pharmacies, alimentations, de boutiques et même des concessions) et avec des complicités tapies dans l’ombre, deux agents ont décidé de passer à un niveau supérieur en vendant, courant 2024, un domaine du chemin de fer à un riche opérateur économique de la place. Selon plusieurs observateurs avisés, ce brusque retour des vieux démons s’explique par la rareté des ressources consécutive à l’arrêt de l’unique locomotive, en occurrence la CC 2207, qui s’est effondré après six mois de marche laborieuse.
Quoi qu’il en soit, il nous revient que c’est la vigilance du PCA sortant qui aurait permis de découvrir la supercherie. Aussitôt avisé, la direction, de sources concordantes, comme pour dégager toute implication, à porter plainte contre ces deux agents pour falsification de signature du DG. Interpellés il y a une dizaine de jours, lesdits agents, dont le chef de gare de Bamako, ont été auditionnés par un juge d’instruction du tribunal du pôle économique et financier de Bamako et placés sous mandat pour faux usage de faux, atteinte aux biens publics entre autres chefs d’inculpation, a-t-on appris de sources judiciaires.
En attendant leur jugement, rapportent nos sources, le chef de gare de Bamako, depuis sa cellule, aurait menacé de passer à table. Est-ce pour enfoncer le clou, il faut attendre pour y voir clair.
Et depuis, d’aucuns se demandent ce que sont devenus les trois locotracteurs BB 800. Il se murmure dans des milieux de cheminots qu’il ne reste pratiquement qu’un seul de ces engins. Et ce n’est pas le seul bien de la Sopafer jalousement gardé dans les emprises de Koulikoro. Alors question ou sont partis les deux autres ? Malin qui pourrait répondre, sauf une inspection urgente pour faire le point, à la fois des domaines du chemin de fer des autres patrimoines (mobilier et immobilier) de la Sopafer, notamment au niveau de Bamako et Koulikoro. Cette inspection est essentielle pour sauver le peu qu’il en reste, en attendant que le train se remette à siffler de nouveau. En tout état de cause, selon des indiscrétions, toutes les emprises dans la gare principal de Bamako et l’atelier central de Korofina seraient morcelées et vendues à des particuliers. Pendant ce temps, une affaire de bourreuse, récemment achetée à une somme exorbitante, continue d’alimenter les discussions dans les couloirs sombres de la Sopafer.
Amidou Keita
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