40 % DES REPORTERS TUÉS PAR DRONE : QUAND LA TECHNOLOGIE MULTIPLIE L’IMPUNITÉ
La date du 2 novembre 2026 restera gravée comme celle d’une douloureuse
régression pour la liberté d’informer. Dans son rapport sur la sécurité des journalistes, l’UNESCO a révélé une inversion de tendance inédite, pour la première fois depuis 2012, le taux mondial d’impunité pour les crimes commis contre la presse est reparti à la hausse, grimpant à 86 %. Six assassins de journalistes sur sept n’affronteront jamais un tribunal.
Mais en plus du volume macabre (189 confrères tués en 2024 et 2025), c’est la mutation technologique du crime qui fait peur. Selon les données de l’agence onusienne, deux tiers des décès ont eu lieu sur des théâtres d’opérations armées. Sur ces lignes de front, un instrument est à l’origine; le drone militaire. À eux seuls, les tirs d’engins téléguidés ont causé la mort de 50 journalistes au cours des deux dernières années, soit 40 % des victimes en zones d’hostilités.
Loin de l’alibi des balles perdues, la guerre moderne traque délibérément le témoin. L’époque où le gilet estampillé « PRESSE » offrait une immunité coutumière est révolue ; quinze reporters ont été fauchés vêtus de leurs insignes protecteurs. Par la caméra thermique et l’algorithme de ciblage, l’observateur neutre n’est plus un civil protégé par la résolution 2222 du Conseil de sécurité de l’ONU, mais une cible.
Derrière chaque drone qui fauche un reporter et chaque dossier d’instruction
classé sans suite, ce n’est pas uniquement une vie fauchée ; c’est le droit vital des citoyens à connaître la réalité du terrain qui s’éteint. Faute de sanctions exemplaires, les capacités des Nations Unies seront toujours remis en question.
Stephan MOMO (Stagiaire)
MALI 24
