La Fondation Friedrich Ebert Stiftung a présenté le rapport de la 17è édition du Mali-mètre, le 19 août 2026, à l’Hôtel Azalaï. Il révèle que 63,1% des sondés sont satisfaits du travail des forces de défense et sécurité.
Placée sous la présidence du Chargé d’affaires de l’Ambassade d’Allemagne au Mali, Yohannes Ulke, qui avait à ses côtés le Directeur de programmes de la fondation, Abdourahamane Dicko, la cérémonie de présentation du rapport a regroupé plusieurs invités dont le représentant du GISSE, Sidick Guindo et le doyen Ali Nouhoun Diallo, ancien président de l’Assemblée Nationale du Mali.
L’enquête a porté sur plusieurs thématiques en lien avec l’actualité sociopolitique nationale, notamment la situation générale du pays, les défis majeurs pour le Mali, la transition et ses acteurs, la satisfaction et la confiance dans les acteurs sociopolitiques de même que les questions relatives à la justice et à la bonne gouvernance, aux relations internationales (de coopération) ainsi qu’au genre et inclusion.
Ainsi, de l’Evolution de la situation générale du pays, 54,5% des Maliens se disent satisfaits, 22,5% moins satisfaits et 22,4% insatisfaits. « Pour les personnes enquêtées estimant que la situation s’est améliorée, la principale raison est la baisse de l’insécurité (40,7%), suivie, dans une faible proportion de la baisse des actes terroristes (11,4%) ainsi que du retour de sentiment de paix et de la quiétude (6,2%) ».
Les défis et priorités pour les personnes enquêtées sont la lutte contre l’insécurité (39,6%), la lutte contre le terrorisme (37,3%), la lutte contre le chômage des jeunes (36,0%) et la lutte contre l’insécurité alimentaire (31,8%).
63,1% des songés sont satisfaits du travail des forces de défense et sécurité. Pour résoudre définitivement le problème d’insécurité dans les régions, les enquêtes sont favorables au renforcement des capacités militaires dans les régions de Kayes (51,8%), Koulikoro (37,5%), Sikasso (36,7%), Ségou (40,5%), Mopti (24,5%), Tombouctou (47,8%), Kidal (54,2%), Taoudéni et Bamako (46,7%).
Sur la gestion de la transition, le niveau de satisfaction affiche un taux de 53,3% de très satisfaits et 35,2% de plutôt satisfaits. « Le niveau de satisfaction de la gestion de la transition reste élevé sur la période 2022-2025 pour plus de neuf Malien.ne.s sur dix (88,5%). Toutefois, on note un recul de 2,2 points de pourcentage (88,5%) par rapport à l’année dernière (90,7%) ».
Une baisse de 13,9 % du niveau de confiance au Président de la Transition
Selon le sondage, de tous les acteurs de la transition, le Président concentre le plus fort taux de confiance avec 72,1%. « Comparé aux dernières années, le Président de la Transition enregistre le taux de confiance le plus élevé. Cette confiance qui était de 72,2% en 2022 est passée à 86% en 2024. Toutefois, ce niveau de confiance passe de 86,0% en 2024 à 72,1% en 2026, soit une baisse de 13,9 points de pourcentage ».
Le gouvernement récolte 34,9% de très satisfaits et 43,9% de plutôt satisfaits. Le Conseil national de transition (CNT) a eu un taux de 26,8% de très satisfaits et 38,6% de plutôt satisfaits. Quant à la société civile, elle enregistre 18,4% de très satisfaits et 43,2% de plutôt satisfaits.
S’agissant du niveau de satisfaction de l’accès aux biens publics, il ressort des résultats une satisfaction de plus de la moitié des Malien.ne.s en termes d’accès à l’eau contre 37,3% qui ne le sont pas. « La satisfaction est plus forte dans les régions de Tombouctou (97,8%), Kayes (89,1%), Bamako (68,5%), Sikasso (61,1%) et Ségou (61,8%). À l’opposé, on note un fort taux d’insatisfaction en termes d’accès à l’eau dans les régions de Gao (94,3%, Ménaka (94,3%), Mopti (76,7%) et Koulikoro (49,8%).
Le niveau de confiance en la justice est en nette progression depuis 2022, selon le sondage. « Il passe de 46,5% en 2022 à 75,1% en 2025 soit une progression de 28,6 points. Cependant, ce niveau connaît une baisse de 28,4% en 2026 par rapport à l’année dernière : 75,1% en 2025 contre 46,7% en 2026 ».
64,0% des femmes estiment n’avoir pas les mêmes conditions de vie que les hommes. 57,7% des hommes partagent cet avis.
La radio et la télévision constituent les principaux canaux d’information des personnes sondées sur l’actualité et les informations de manière générale. « Ces médias sont utilisés par respectivement 27,3% et 21,6% des Malien.ne.s. ces sources classiques sont suivies de TikTok (19,7%), de la famille et amis/bouche à oreille (9,4%), de Facebook (8,5%), des sites internet (6,9%) et de WhatsAPP (4,8%) ».
Pour les six prochains mois, 77,7% des sondés pensent que la situation du pays va s’améliorer. 11,5% estiment que la situation restera la même contre 4,5% projetant une détérioration de la situation générale du pays. « Les souhaits des Malien.ne.s pour l’avenir sont relatifs au retour de la paix et la sécurité (78,9%), à la relance de l’économie (39,1%), à l’emploi pour les jeunes (43,4%) ainsi qu’à de bonnes récoltes et la sécurité alimentaire (36,9%) ».
Selon Abdourahamane Dicko, « le Mali-Mètre ne prétend pas fournir des réponses absolues ; en revanche, ses résultats constituent un éclairage précieux sur les perceptions des citoyennes et des citoyens, susceptible de contribuer ainsi à alimenter le débat public et à stimuler la réflexion sur les principaux enjeux du pays ». Cette édition, explique-t-il, a été menée du 10 au 24 avril 2026 dans le district de Bamako plus dix capitales régionales du Mali selon l’intérêt commun ou spécifique à chaque localité. Elle a concerné 2220 personnes de 18 ans et plus. Conscient des limites de l’enquête en termes de représentativité, d’inclusion et d’instantanéité, le Directeur de programmes de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung a rappelé que les opinions des personnes de ces localités sont représentatives au niveau régional, et a souligné les innovations, notamment la mise en place d’un comité scientifique d’experts ; des enquêtes quantitatives et du conseil en politiques.
Yohannes Ulke, Chargé d’affaires à l’Ambassade d’Allemagne, Friedrich Ebert Stiftung est aux côtés du Mali depuis 55 ans en tant qu’outil précieux d’analyse et d’étude des données pour donner des orientations pertinentes. Il capte les aspirations profondes de tous les acteurs engagés dans la gestion des crises au Mali.
Par Broulaye Koné
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