Dissolution des partis politiques en guinée : Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo mis à la retraite
Le ministère guinéen de l’Administration du Territoire a annoncé la dissolution du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) et de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG). En plus des familles politiques de deux leaders rivaux qui menaient la danse avant la transition, une trentaine d’alliés n’ayant pas suivi les consignes de la majorité sont également concernés. Y figurent, par exemple, les formations de Sydia Touré (UFR), de feu Lansana Conté (PUP) ainsi que du père de l’indépendance Sékou Touré (PDG RDA). Les deux dernières formations citées étaient pourtant alliées du général Doumbouya et avaient donné des consignes de vote pour sa victoire à la présidentielle l’ayant investi d’un mandat de 7 ans.
Survenue dans l’euphorie du grand retour du Président Mamadi Doumbouya, après 20 jours d’absence dans le pays, ladite décision est motivée par la «non-conformité aux obligations légales » et précise par ailleurs que le RPG et l’UFDG n’ont pas été en mesure de se mettre en règle dans les délais impartis. Certaines formations comme la GECI (Génération Citoyenne) de Fode Mohamed Soumah comptent ne désarment et envisagent une saisine de la Cour suprême pour contester la mesure signée du ministre Ibrahima Kalil Condé et lue sur le principal média d’État, la RTG.
Il faut rappeler que depuis fin d’année 2024, la tutelle des partis politiques de Guinée avait ouvert les hostilités en exigeant divers documents et un compte-rendu des exercices financiers. C’était le moment où les suspicions sur la candidature de Mamadou Doumbouya prenaient forme alors que la Transition était censée prendre fin le 31 décembre de la même année, selon les engagements de 24 mois conclus avec la CEDEAO et dont le non respect avait inspiré une contestation à diverses formations à l’officialisation de la candidature du président de la Transition. Le contexte fait suite également au bras de fer avec le patron de l’opposition Cellou Dalein Diallo privé de candidature à la dernière présidentielle, d’enrôlement sur les listes et même de participation au congrès de son parti, l’UFDG, que le ministre porte-parole du gouvernement, son numéro 2 avant la transition, Ousmane Gaoula Diallo, aura tout donné pour récupérer sans succès. Quant au Pr Alpha Condé, il est probablement fautif d’avoir continué à se proclamer » président élu » de la Guinée en annonçant maintes fois son retour avec fracas de ses quatre années d’exil en Turquie, sans jamais osé défier la menace d’un dossier de haute trahison et de plusieurs griefs à son encontre.
La dissolution des principales familles politiques intervient en définitive comme une épée de Damoclès contre les mouvements des forces vives associées aux deux déjà anciens dinosaures de la classe politique guinéenne.
A KEÏTA
le témoin
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