La presse sera-t-elle le nouveau martyr de Mars
Condamné finalement à 2 ans d’emprisonnement ferme, en dépit des appels à la raison, le confrère Youssouf Sissoko du journal «L’Alternance» n’aura pas eu l’occasion de retrouver la plume et les siens. Après l’acteur politique Kaou N’Djim, il est malheureusement devenu la deuxième victime d’une solidarité judiciaire de l’AES dans l’harmonisation de la répression des médias se cache derrière le vocable offense à un chef de l’Etat étranger. Toutefois, le confrère et son conseil d’avocat n’ont pas dit leur dernier mot et vont interjeter appel du verdict que les observateurs s’accordent à qualifier de dérive répressive inédite à l’égard d’un acteur de la presse. Jamais, de mémoire de Malien, la justice ne s’est montré aussi impitoyable et liberticide en infligeant à un journaliste une condamnation aussi excessive, dénoncée du reste comme telle par la corporation. Et pour cause, tous y voient un fâcheux précédent s’il était confirmé en instance supérieur et ressentent la nécessité de sonner la mobilisation dans les rangs de la corporation – et bien au-delà – en guise de résistance aux tentatives de racler les ultimes résidus qu’il reste encore des symboles et acquis de Mars 1991. Faute de quoi, la presse témoin de l’histoire et acteur vivant des acquis démocratiques court le risque d’être associer au lot de ses martyrs de plus en plus désacralisés. Puisqu’en définitive le martyre d’un journaliste est indissociable de celui de la profession dans son ensemble.
Source: le témoin
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