Entre Nous : Enfin, les masques tombent !!!
Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, Aboubacar Sidiki Fomba, Membre du Conseil national de la transition (CNT) invite le gouvernement à interdire les débats télévisés contradictoires. Selon lui, ces débats offrent l’opportunité à certaines personnes de critiquer la gouvernance du pays dans le but de susciter une révolte des populations contre les dirigeants de la transition. Une sortie qui intervient après un débat organisé par la chaîne de télévision privée TM1. Lequel débat a suscité des vives réactions au sein de l’opinion publique.
Nommé par décret, Aboubacar Sidiki Fomba siège au sein de l’organe législatif de la transition en qualité de membre voire de Président de la Commission Santé, du Développement social et de la Solidarité du CNT. Depuis plus de 5 ans, soit une législature, le Président de l’ex Parti Adepm (Alliance démocratique du peuple du Mali) qui est passé par le PACP (Parti pour l’Action Civique et Patriotique) de l’ambassadeur Yeah Samaké, assume les fonctions du député avec toutes les conséquences de droit découlant de ce statut sans le moindre mandat électif.
La loi portant répression de la cybercriminalité ne suffit-elle pas contre les voix critiques de la gestion des affaires publiques ? Pourquoi des appels pour interdire les débats contradictoires ?
Les masques tombent enfin avec cette sortie de Fomba. Voudrait-on poser les fondations de la refondation avec des briques du mensonge ou de la manipulation qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Les voix critiques dérangent ! Les prises de parole visant à éclairer les consciences citoyennes ne sont pas les bienvenues comme pour donner raison à Amnesty International. En effet, dans son rapport intitulé « silence et répression : le nouveau visage du sahel », elle dénonce un climat d’intimidation qui a transformé l’espace public au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Selon l’organisation de défense des droits de l’homme, « les débats disparaissent, la critique conduit en prison, l’autocensure devient un réflexe de survie ».
Dans un message posté sur sa page Facebook, l’ancien président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) Aguibou Bouaré, souligne que « la liberté d’expression, loin d’être le problème participe de la solution. Les débats sont à encourager pour mieux éclairer l’autorité ! ». Le Président Bouaré a raison. Les débats contribuent à aider les autorités dans la prise de décision. Les « rats» de tous les régimes et les opportunistes de tout acabit ne sont pas à l’aise dans la contradiction saine et constructive.
Le 4 septembre 2013, le Procureur près la Cour suprême du Mali, Mahamadou Boiré, dans son réquisitoire lors de l’audience solennelle de prestation de serment du Président, Ibrahim Boubacar Kéïta avait lancé : « Excellence, méfiez-vous des rats des palais présidentiels que sont les courtisans et autres experts en avis et conseils laudatifs qui sont la cause de moult désinformations et de dérapages dans nos pays ».
Par Chiaka Doumbia
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