Journée mondiale de la Santé 2026 : le Mali mobilisé pour éliminer la transmission mère-enfant du VIH, de la syphilis et des hépatites virales
Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la Santé édition 2026, une table ronde consacrée à la triple élimination de la transmission mère-enfant du VIH, de la syphilis et des hépatites virales s’est tenue le jeudi 23 avril 2026 au Granada Hôtel de l’Amitié de Bamako.
À l’instar de la communauté internationale, le Mali a célébré cette journée placée au niveau mondial sous le thème : « Ensemble pour la santé ». Au plan national, le thème retenu était : « Unissons-nous pour la santé, soutenons la science ».
Prenant la parole, le Représentant résident de l’OMS a salué cette initiative ainsi que les efforts consentis par le gouvernement malien dans le domaine sanitaire. Il a toutefois rappelé que les défis restent importants, la transmission mère-enfant demeurant encore une cause de mortalité évitable. Selon lui, l’objectif de l’élimination est réalisable à condition de renforcer la synergie d’action entre tous les acteurs. Il a estimé qu’en unissant les efforts, il est possible de faire en sorte qu’aucun enfant ne naisse avec ces maladies.
De son côté, la Directrice commerciale de ABBOTT a souligné l’importance accordée au Mali par son entreprise. Elle a réaffirmé l’engagement de la société à mettre les ressources nécessaires à la disposition du programme afin d’atteindre les objectifs fixés. Tenant compte des réalités du pays, elle a également plaidé pour une action concertée face à ce défi sanitaire.
Selon le Secrétaire général du ministère de la Santé et du Développement social, le thème national rappelle que l’innovation technologique en matière de diagnostic intégré est désormais disponible. Il a aussi mis en avant la place prioritaire accordée au secteur de la santé dans le cadre de la refondation de la nation.
Il a indiqué que cette table ronde s’inscrit pleinement dans la dynamique de prévention de la transmission mère-enfant du VIH, de la syphilis et de l’hépatite virale B. Les échanges et panels ont porté sur plusieurs thématiques jugées pertinentes, notamment l’accélération de l’accès aux services de prévention, de diagnostic, de traitement, de soins et de soutien.
Au-delà des aspects techniques et scientifiques, il a estimé que cette rencontre constitue également une opportunité pour les entreprises, les sociétés civiles ainsi que les pouvoirs publics et législatifs de manifester leur solidarité en faveur de l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant.
Le Secrétaire général a rappelé que grâce aux efforts conjugués du gouvernement malien et de ses partenaires techniques et financiers, des avancées notables ont été enregistrées dans l’offre de services de prévention, de diagnostic et de traitement du VIH. Toutefois, il a reconnu que les chiffres imposent une accélération des actions pour intégrer pleinement les deux autres pathologies concernées par la triple élimination.
Il a précisé que la prévalence du VIH chez les adultes de plus de 15 ans est estimée à 0,76 %, avec une vulnérabilité plus marquée chez les femmes (1,08 %) que chez les hommes (0,63 %). Plus préoccupant encore, 1 705 nouvelles infections ont été recensées chez les jeunes de 15 à 24 ans, tandis que le taux de transmission mère-enfant du VIH atteint 28,23 %, un niveau supérieur aux normes souhaitées.
Concernant la syphilis et l’hépatite virale B, la situation appelle également à la mobilisation. En 2025, seulement 55,47 % des femmes enceintes ont bénéficié d’une sérologie pour la syphilis. Parmi les femmes testées positives, un peu plus de la moitié, soit 54,22 %, ont reçu un traitement conforme aux directives nationales.
S’agissant de l’hépatite virale B, avec une prévalence estimée à 12,1 %, le Mali est classé en zone de forte endémicité. Les données hospitalières font état d’un taux de positivité de 17 % pour l’AgHBs chez les femmes enceintes.
Malgré les progrès réalisés, les défis restent nombreux pour atteindre les objectifs de la stratégie mondiale d’élimination à l’horizon 2030. Parmi ces défis figurent le renforcement des stratégies de prévention de la transmission mère-enfant, la réalisation d’études et d’enquêtes pour disposer de données fiables, la mobilisation de financements domestiques et extérieurs ainsi que le renforcement de la communication pour le changement de comportement.
Face à cette situation, le responsable ministériel a lancé un appel appuyé au secteur privé national, estimant que son implication marque une rupture historique et un départ innovant. Investir dans cette lutte, a-t-il déclaré, revient à protéger les ressources humaines, premier facteur de production, tout en assurant un avenir meilleur pour la nation.
Il a également salué le rôle de la société civile, considérée comme le lien vital avec les communautés, avant d’inviter les professionnels de santé à intégrer systématiquement le dépistage des trois infections dans les soins prénataux.
« Chaque femme enceinte doit être dépistée pour garantir la naissance d’enfants sains, rompre la chaîne de transmission et amorcer la triple élimination », a-t-il conclu.
Coulibaly A
Mali24
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