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Autonomisation des femmes à Kati : Mme Diakité Zenabou Sangaré mise sur la formation et la solidarité

À la tête de l’Union des femmes leaders pour le développement du cercle de Kati (UFLDC), Mme Diakité Zenabou Sangaré place l’autonomisation économique des femmes au cœur de son engagement. Forte d’un réseau de 54 associations, son organisation accompagne les femmes vulnérables à travers des formations professionnelles, des actions de solidarité et un plaidoyer en faveur de leur insertion socioéconomique. Dans le cadre de la Journée panafricaine des femmes, elle revient sur les réalisations de l’UFLDC, les défis à relever et les ambitions portées pour les femmes du cercle de Kati.

Pour Mme Diakité Zenabou Sangaré, l’autonomisation des femmes est une condition essentielle du développement. C’est cette conviction qui guide les actions de l’Union des femmes leaders pour le développement du cercle de Kati (UFLDC), une organisation qui fédère aujourd’hui 54 associations féminines.

Grâce aux cotisations de ses membres, l’Union a réussi à ouvrir un centre de formation destiné aux femmes. « Nous avons voulu créer un espace où les femmes peuvent apprendre un métier et acquérir les moyens de leur autonomie », explique-t-elle.

Son engagement puise sa source dans son expérience personnelle. Directrice d’un jardin d’enfants, elle dit avoir été profondément marquée par les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes divorcées, les jeunes filles déscolarisées, les veuves et les personnes déplacées par la crise sécuritaire.

« En tant que femme, je ne pouvais pas rester indifférente. Notre ambition est de rendre les femmes autonomes et de leur offrir un avenir meilleur », souligne Mme Diakité Zenabou Sangaré.

Au fil des années, l’UFLDC a développé plusieurs initiatives sociales. Chaque rentrée scolaire, près de 200 enfants vulnérables bénéficient de fournitures scolaires. L’organisation dispense également des formations professionnelles dans plusieurs domaines afin de favoriser la création d’activités génératrices de revenus.

Manque de partenaires techniques et financiers

L’un des projets les plus importants a permis de former 950 femmes aux métiers du maquillage, du tatouage esthétique et du henné. Face au succès de cette première phase, une nouvelle vague de formation est en cours pour permettre à d’autres femmes d’en bénéficier.

Malgré ces avancées, les défis restent nombreux. L’organisation fait face à un manque de partenaires techniques et financiers. Les charges liées au fonctionnement du centre, notamment le paiement du local, de l’eau et de l’électricité, sont essentiellement couvertes par les cotisations des membres. « Nous continuons avec les moyens dont nous disposons, car les besoins des femmes sont immenses », confie Mme Diakité Zenabou Sangaré.

L’UFLDC bénéficie néanmoins de l’accompagnement du Fonds de solidarité nationale, qui met chaque année des couvertures à la disposition des personnes déplacées installées dans le cercle de Kati. Elle collabore également avec plusieurs organisations, dont Femmes Leaders Plateforme du Mali, le Réseau des femmes africaines (REFA) et l’ONG GESTE. Elle s’appuie aussi sur la Coopérative Tiessiri des femmes leaders de Kati pour renforcer les activités économiques de ses membres.

L’organisation prépare activement la célébration de la Journée panafricaine des femmes, prévue le 5 août prochain. Placée sous le thème « Quel rôle la femme doit-elle jouer dans la lutte contre la consommation des stupéfiants ? », cette édition réunira des femmes venues de différents horizons. Des attestations de reconnaissance seront décernées à plusieurs personnalités pour leur contribution au développement du pays. La marraine de cette édition sera Mme Diallo Kama Sakiliba, Présidente de l’OPF, reconnue pour son engagement panafricain.

Au-delà de cette célébration, la présidente de l’UFLDC souhaite attirer l’attention des autorités sur la situation des femmes dont les époux sont engagés sur les théâtres d’opérations ainsi que sur celle des nombreuses veuves diplômées en quête d’emploi. Elle plaide pour leur insertion professionnelle et appelle à une plus grande implication des femmes rurales dans les politiques et événements qui les concernent.

Pour l’avenir, Mme Diakité Zenabou Sangaré nourrit une ambition claire : doter son organisation d’un siège propre afin de pérenniser le centre de formation et d’élargir les actions en faveur de l’autonomisation économique des femmes. Une vision qui traduit sa conviction que le développement durable passe aussi par l’investissement dans le potentiel des femmes.

Kada Tandina, Korotoume Doumbia

Mali24.info

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