MALI-CÔTE D’IVOIRE-GHANA : LA ROUTE SECRÈTE DU TRAFIC D’ÂNES DÉMANTELÉE À KORHOGO
Dans la nuit du 27 au 28 juillet 2026, la brigade mobile des douanes de M’Bengué, dans la région du Poro (Nord de la Côte d’Ivoire), a intercepté à Korhogo un camion de contrebande transportant 78 ânes. Cette cargaison illégale, en provenance du Mali, traversait clandestinement le territoire ivoirien avec pour destination le Ghana. Selon les informations, c’est le ressortissant ghanéen nommé Inousah Seidu qui serait l’instigateur principal, lequel s’est montré incapable de présenter les documents sanitaires et douaniers réglementaires.
Décidément, l’âne a d’autres utilités que le transport de l’eau, du bois et les travaux agricoles. Il est très convoité par les trafiquants d’animaux sans scrupules en Afrique de l’Ouest. Achetés à bas prix dans plusieurs villages maliens, ces animaux devaient être chargés par les trafiquants dans un poids lourd pour rallier le Ghana, pays côtier utilisé comme plateforme d’exportation maritime vers l’Asie.
Le trafic d’animaux, qui apparaît aujourd’hui comme le quatrième commerce illégal le plus lucratif au monde (juste derrière le trafic de drogue, la contrefaçon et la traite des êtres humains), génère des dizaines de milliards de dollars par an. S’il a longtemps concerné les espèces sauvages comme les éléphants ou les rhinocéros, il touche désormais des animaux domestiques de façon florissante.
Derrière ce trafic se cache une forte demande asiatique. L’âne n’est pas recherché pour sa viande, mais pour sa peau. Celle-ci contient une gélatine appelée Ejiao, un des piliers de la médecine traditionnelle et des cosmétiques en Chine. C’est dans le cadre d’un renforcement de ses capacités de production industrielle que cette industrie se tourne vers l’Afrique.
Pour stopper ce désastre économique et écologique, la Côte d’Ivoire applique le décret n° 2022-547 du 13 juillet 2022, qui interdit formellement l’exportation et l’abattage commercial des ânes. De plus, l’Union africaine a imposé un moratoire de 15 ans sur ce commerce.
Au-delà de la fraude douanière, le trafic d’animaux vivants fait peser un risque épidémique sévère sur la région. Les 78 ânes saisis ont été immédiatement transférés au parc à bétail de M’Bengué, où la Direction des ressources animales et halieutiques assure leur prise en charge et leur mise en quarantaine sanitaire. Une enquête approfondie est en cours pour démanteler les complicités locales de ce réseau destructeur pour l’économie rurale sahélienne.
Stephan MOMO (Stagiaire)
MALI 24
En savoir plus sur Mali 24
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
