Kayes : Un réseau de trafic de sang démantelé, huit suspects aux arrêts
La ville de Kayes a été le théâtre d’une opération policière d’envergure. Un réseau illicite spécialisé dans le trafic de produits sanguins a été mis hors d’état de nuire par les enquêteurs du commissariat de police du 1er Arrondissement de Kayes, sous la direction du Commissaire principal Daouda Cissé, menant à l’interpellation de huit individus suspectés d’être impliqués dans ce trafic d’une gravité alarmante.
Cette belle prouesse du commissariat s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’opération « Kokadjè », initiée sous l’impulsion du Directeur régional de la Police nationale de Kayes, le Contrôleur principal Tapa Oury Demba Diallo.
L’enquête menée a permis de découvrir un système clandestin de prélèvement, de stockage et de revente illégale de sang. Dans une région où la demande en produits sanguins est vitale pour les structures sanitaires, ce trafic mettait directement en péril la vie de patients vulnérables, notamment des femmes enceintes et des enfants.
Selon des sources policières, les suspects opéraient en marge des circuits officiels de transfusion sanguine. Le principal mis en cause, identifié sous les initiales T.S., serait titulaire d’un diplôme en techniques de commerce. Un parcours qui ne l’aurait pourtant pas empêché de s’attribuer frauduleusement le titre de médecin dans l’enceinte de l’hôpital de Kayes.
Ils profitaient de la forte tension sur les stocks dans les hôpitaux pour alimenter un marché noir lucratif, au mépris total des règles d’hygiène et de sécurité sanitaire.
Huit suspects ont été appréhendés au cours de cette opération et placés en garde à vue.
Du matériel de prélèvement et des poches de sang ont été saisis lors des perquisitions menées dans les repaires présumés du réseau.
Une enquête approfondie est actuellement en cours pour identifier d’éventuels complices au sein ou en dehors du corps médical.
Cette affaire relance avec acuité le débat sur la sécurisation de la chaîne transfusionnelle au Mali. Elle souligne également la nécessité d’une vigilance accrue dans la gestion des stocks de sang au sein des hôpitaux et des centres de santé communautaires.
Ce coup de filet est salué par les acteurs de la santé de la première région, qui rappellent que le don de sang doit strictement obéir à des normes éthiques et médicales rigoureuses pour garantir la sécurité des receveurs.
Selon le Commissaire principal Daouda Cissé, les patients et leurs parents doivent privilégier les circuits sanitaires officiellement reconnus, particulièrement lorsqu’il s’agit de dons, de prélèvements ou de transfusions sanguines, afin d’éviter tout risque sanitaire.
Mohamed Kanouté
Source : Mali24
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