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Mendicité des enfants talibés au Mali : Entre nécessité de survie et « promotion » d’une pratique dangereuse

Dans les rues de Bamako, et d’autres régions du Mali, ils sont tous les jours au bord des routes, des grands carrefours ou se promènent de famille en famille. Habillés en boubou avec le bol à la main, ces enfants talibés consacrent une partie de leur apprentissage à la mendicité. Une pratique qui fait débat au moment où le gouvernement approuve la Stratégie nationale de lutte contre la mendicité et son Plan d’actions.

Au Mali, l’accueil des talibés est une tradition ancienne. Mais la mendicité forcée pose aujourd’hui des questions de protection, de santé et d’éducation. Entre ceux qui la voient comme un passage obligé et ceux qui y voient une « méthodologie qui fait la promotion de la mendicité », le débat reste ouvert.

Selon plusieurs encadreurs d’écoles coraniques interrogés, la mendicité des enfants talibés ne serait pas un choix, mais une obligation. Pour eux, cette pratique est « essentielle pour assurer la survie des enfants pendant tout leur cursus scolaire ». Certains vont même jusqu’à dire que c’est une obligation religieuse pour forger l’humilité et la patience des élèves.

 

Adoption d’une stratégie nationale de lutte contre la mendicité et son Plan d’actions

Mais ce discours ne fait pas l’unanimité. M. A.F, originaire de Macina et issu d’une famille de marabouts, dénonce une dérive. Selon lui, « l’islam ne pousse personne à aller mendier ». Il explique comment l’apprentissage coranique peut se faire autrement : « Aucun de nos talibés ne part chez personne pour mendier. Ces enfants sont nourris par la famille du marabout chez qui ils sont hébergés ». Pour lui, le problème vient du manque de moyens. Sa solution : « S’ils n’ont pas les moyens de nourrir ces enfants, c’est mieux qu’ils demandent des conditions aux parents. De l’argent ou même un sac de riz par enfant ».

Il met en garde : « Sinon ça met la vie de ces enfants en danger. Ils viennent pour apprendre la religion mais, au final, ils apprennent autre chose qui va gâcher la vie de ces enfants ». Pour les défenseurs des droits de l’enfant, l’urgence est de trouver des alternatives afin que l’apprentissage du Coran ne se fasse plus au prix de la dignité et de la sécurité des plus jeunes.

Au cours de sa session ordinaire du vendredi 7 août 2026, le Conseil des ministres a adopté, sur le rapport du Premier ministre, Chef du gouvernement, Le général de division Abdoulaye Maïga, un projet de décret portant approbation de la Stratégie nationale de lutte contre la mendicité et son Plan d’actions. « Cette stratégie vise à contribuer à la réduction durable de la mendicité, notamment celle impliquant les enfants à travers une approche préventive, protectrice et inclusive, centrée sur la dignité humaine, l’intérêt supérieur de l’enfant et la responsabilisation des acteurs familiaux, communautaires et institutionnels », peut-on lire dans le communiqué du Conseil des ministres, consultable sur le site internet du Secrétariat général du Gouvernement.

La mise en œuvre de cette stratégie nationale permettra-t-elle de lutter efficacement contre ce fléau qui gangrène la société malienne depuis belle lurette ?

Fatoumata Djourté

le challenger

 

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