JUSTICE : l’ANCIEN VÉRIFICATEUR GÉNÉRAL SIDI SOSSO DIARRA FIXÉ SUR SON SORT LE 5 NOVEMBRE
Ce jeudi 5 novembre 2026, la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako rendra son verdict dans le dossier concernant Sidi Sosso Diarra, premier Vérificateur général du Mali, et son ancien directeur administratif et financier (DAF), Amadou Diop. Poursuivis pour des malversations financières présumées dans la gestion du Bureau du Vérificateur général (BVG) entre 2004 et 2010, les deux hommes retiennent leur souffle à la Maison centrale d’arrêt de Bamako, où ils ont été écroués à l’issue de leur comparution, dans la soirée du vendredi 30 octobre.
La justice malienne n’a pas ménagé ses réquisitions. Lors de l’audience de fond, le ministère public a requis une lourde peine de vingt ans de réclusion criminelle à l’encontre de Sidi Sosso Diarra. Sur le banc de la partie civile, l’État malien, représenté par la Direction générale du Contentieux de l’État (DGCE), réclame réparation intégrale d’un préjudice estimé à 3 077 668 814 francs CFA, assorti de 500 millions de francs CFA de dommages-intérêts, portant la facture globale réclamée à plus de 3,5 milliards de francs CFA.
Ce procès trouve sa source dans deux rapports d’audit établis par la Section des comptes de la Cour suprême, portant sur les exercices 2004-2006 et 2007-2010.
Les magistrats financiers y pointaient des irrégularités dans l’engagement de dépenses publiques, l’octroi d’avantages financiers indus, le règlement d’évacuations sanitaires et des manquements aux procédures de passation des marchés publics, notamment des soupçons de fractionnement et de favoritisme. L’affaire résonne d’un écho particulier dans l’opinion publique malienne.
Expert-comptable de profession, Sidi Sosso Diarra a incarné pendant sept ans (du 1ᵉʳ avril 2004 au 31 mars 2011) le visage intraitable de la lutte contre la délinquance financière en conduisant 179 missions de contrôle. Voir l’artisan historique du contrôle d’État devoir répondre de sa propre gestion illustre l’intransigeance affichée par la justice dans l’assainissement des deniers publics.
Alors que la défense a plaidé la régularité des actes posés sous son mandat, les accusés demeurent présumés innocents. La décision attendue le 5 novembre devra trancher entre la culpabilité réclamée par l’accusation et les arguments des prévenus.
Stephan MOMO (Stagiaire)
MALI 24
