A la uneDernières nouvellesMondeOpinionScience & TechSociété

RACISME PAR INTELLIGENCE ARTIFICIELLE: l’UNION EUROPÉENNE ABOIE À l’ONU MAIS REFUSE DE MORDRE 

À la tribune de la Troisième Commission de l’Assemblée générale de l’ONU, ce lundi 2 novembre 2026, l’Union européenne a posé un diagnostic ; l’intelligence artificielle est devenue l’un des plus redoutables instigateur de la discrimination raciale à l’échelle planétaire. En s’appuyant sur des travaux d’experts onusiens, Bruxelles a mis en garde contre une « ingénierie algorithmique » qui ne fait plus seulement refléter les préjugés humains, mais les industrialise, enfermant les minorités et les diasporas dans des bulles de haine et d’exclusion.

Le constat dressé par les diplomates européens est techniquement irréprochable. Entraînés sur des bases de données massives forgées au Nord, les modèles d’IA générative cette programmation fâcheuse où le profil de l’homme noir ou du migrant demeure associé à la précarité ou à la délinquance. Vingt-cinq ans après l’adoption historique de la Déclaration de Durban contre le racisme en 2001, la xénophobie n’a pas disparu ; elle a simplement migré des estrades politiques pour le code informatique.

Pourtant, derrière cette louable alerte morale se cache une profonde contradiction géopolitique. Au cours de cette même session à New York, l’UE a catégoriquement rejeté la proposition, soutenue par de nombreuses nations africaines, d’élaborer un nouvel instrument juridique international contraignant pour réguler ces dérives algorithmiques.

Pour Bruxelles, son propre arsenal réglementaire interne suffirait. Mais cette posture trahit un réflexe de protection commerciale ; imposer des traités multilatéraux reviendrait à entraver la compétitivité d’entreprises technologiques engagées dans une course contre les géants américains et chinois. Pire encore, selon l’institution Migreurop, l’Europe applique elle-même une IA intrusive et discriminatoire pour le contrôle biométrique de ses frontières et le filtrage des demandes de visa des ressortissants du Sud.

En refusant de soumettre l’intelligence artificielle à une justice réparatrice, l’Europe livre un plaidoyer àmoitié. Alerter sur le poison du racisme algorithmique sans accepter de contraindre ceux qui le fabriquent revient à soigner un malade tout en protégeant le laboratoire qui distille le venin.

Stephan MOMO (Stagiaire)

MALI 24

Boîte de commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.