QUATRE BALLES SUR UNE SILHOUETTE : LA DÉMONSTRATION D’AUTORITÉ D’ASSIMI GOÏTA À MOSCOU
En diplomatie de guerre, les images parlent souvent plus fort que les communiqués officiels. En marge du 3ᵉ Sommet Russie-Afrique qui s’est achevé le 29 octobre 2026 à Moscou, une séquence montrant le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, arme au poing dans un centre d’entraînement militaire russe, a immédiatement enflammé les réseaux sociaux maliens. Sur une cible silhouette, l’ancien patron des forces spéciales a logé quatre balles d’affilée en pleine tête. Au-delà d’un simple passe temps, l’exercice relève d’une communication politique de génie.
Guidé par le général Andrey, émissaire du Kremlin pour la sécurité en Afrique, le chef de l’État malien ne s’est pas contenté d’une visite protocolaire. Il a passé en revue les instruments de la guerre moderne ; systèmes de brouillage anti-drones, simulateurs de médecine tactique, blindés à roues et, surtout, munitions rôdeuses et drones FPV. Ces technologies, devenues les pivots des batailles contemporaines en Europe de l’Est, sont précisément celles dont Bamako a un besoin urgent pour sanctuariser le sahel face à des groupes armés mobiles.
Mais le point culminant reste ce passage au pas de tir. Pour Assimi Goïta, ce geste réactive le mythe du « soldat de terrain ». Face à une opinion publique malienne qui traverse des épreuves économiques et énergétiques aiguës, le chef de la Transition réaffirme son identité originelle ; celle de l’officier du Bataillon autonome des forces spéciales (BAFS), intraitable sur le maniement du fusil.
Le Président de la transition Malienne véhicule un triple messages à travers cet exercice. À la troupe sur les lignes de front de Kidal ou de Mopti, il affiche un chef suprême capable de partager le geste du soldat de terrain. Aux groupes terroristes et aux puissances critiques de la transition, il brandit la détermination d’un commandement prêt au combat de haute intensité. Enfin, à Vladimir Poutine, il donne la preuve d’un partenaire africain pragmatique qui ne vient pas à Moscou en quête d’une protection abstraite, mais voir et tester lui-même les équipements qu’il entend déployer sur le front. En quatre tirs précis, Goïta a rappelé que le Mali n’est pas prêt à se coucher face à ceux qui menace sa souveraineté.
Stephan MOMO (stagiaire)
MALI 24
