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L’AES HARMONISE SES FREQUENCES : QUAND LES TROIS ARMÉES PARLENT D’UNE SEULE ET MÊME VOIX

À l’ère des guerres hybrides, les batailles ne se résument plus aux blindés ni au volume des munitions. Il circule dans les airs, sous la forme d’ondes radio invisibles. En réunissant du 2 au 4 novembre 2026 à Bamako les états-majors et les régulateurs des télécommunications du Mali, du Burkina Faso et du Niger, la Confédération des États du Sahel (AES) s’attaque à un chantier critique, mais aussi secret de sa survie ; l’interopérabilité de ses transmissions militaires.

Cette deuxième réunion de coordination, pilotée par l’Autorité malienne de régulation (AMRTP), dépasse le simple cadre administratif. Il s’agit d’une nécessité vitale imposée par la réalité du front. Depuis que les ministres de la Défense de l’AES ont officialisé, en juillet 2026 à Ouagadougou, le déploiement de leur « Force unifiée » dans une logique de guerre de haute intensité, les trois armées conduisent des opérations transfrontalières quotidiennes. Or, sans harmonisation des fréquences, le risque de brouillage mutuel se pose. Une liaison radio entre blindés burkinabè peut paralyser le guidage d’un drone malien ou fausser les coordonnées transmises à des vecteurs aériens nigériens.

Le projet d’une base de données commune des fréquences, discuté sous l’égide du général de division Oumarou Diarra, pose les fondations du commandement conjoint. Il ne s’agit pas seulement d’éviter les interférences fratricides, mais de prémunir les communications tactiques contre les capacités d’interception et de guerre électronique des réseaux criminels ou des services de renseignement hostiles.

Pour l’opinion publique sahélienne, souvent suspendue aux discours souverainistes, cette rencontre technique livre un signal politique majeur. L’intégration de l’AES ne se limite plus à la diplomatie de tribune ou aux sommets des chefs d’État. En fusionnant la gestion de leur spectre électromagnétique dans le prolongement de la convention inter-régulateurs signée en septembre 2026, Bamako, Ouagadougou et Niamey prouvent que leur alliance militaire a franchi un palier irréversible, celui de faire parler leurs armes d’une seule et même fréquence.

Stephan MOMO (stagiaire)

MALI 24

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