BURKINA FASO – FRANCE : IBRAHIM TRAORÉ CONDITIONNE LE DIALOGUE DIPLOMATIQUE À LA SOUVERAINETÉ NATIONALE
Une reprise des relations diplomatiques entre Ouagadougou et Paris reste envisageable, mais à des conditions strictement redéfinies. Lors d’un entretien accordé le 28 septembre, le capitaine Ibrahim Traoré a exposé la vision du gouvernement burkinabè quant à l’avenir des rapports bilatéraux avec l’ancienne puissance coloniale.
Pour le chef de la transition, l’époque des coopérations traditionnelles est définitivement révolue. Sans fermer totalement la porte à une normalisation, le président du Faso exige un rééquilibrage préalable des forces. Le pays devra atteindre un niveau suffisant d’autonomie et de consolidation stratégique dans tous les secteurs clés avant de pouvoir réengager des négociations sur des bases assainies. La qualité du dialogue futur dépendra directement de la solidité de la position adoptée par le Burkina Faso sur la scène internationale.
Évoquant la mémoire des luttes d’émancipation et citant le parcours historique du peuple haïtien, le capitaine Traoré a appelé les nations africaines à tirer les enseignements du passé pour aborder les enjeux géopolitiques contemporains avec lucidité.
Concernant les échanges avec l’Union européenne, le dialogue n’est pas rompu mais fait l’objet de cadrages rigoureux. Ouagadougou a fermement réagi à certaines orientations adoptées par le Parlement européen, réclamant l’annulation de résolutions jugées intrusives dans les affaires nationales.
La diplomatie burkinabè entend désormais appliquer une doctrine stricte : toute collaboration doit reposer sur le respect réciproque de la souveraineté nationale, sans pression ni ingérence.
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