BURKINA FASO : LES COURONNES DE MISS CÈDENT LA PLACE AUX LAURÉATES SCIENTIFIQUES
Au pays des « Hommes intègres », la redéfinition des modèles féminins est en marche. Après avoir mis un terme aux défilés de beauté sur toute l’étendue du territoire national, les autorités de transition ont inauguré une grande compétition académique réservée aux jeunes filles ; le concours d’excellence « Hakili Mousso ».
La première étape de cette transformation s’est jouée le 8 juin 2026. Par décision officielle, le ministère burkinabè de la Culture a annoncé la suspension immédiate des concours de beauté, de Miss Burkina aux compétitions universitaires régionales. L’exécutif justifiait alors ce choix par la volonté de protéger « l’identité culturelle », « l’éthique » et la dignité humaine, tout en rompant avec des manifestations centrées uniquement sur l’apparence physique.
Le relais s’est concrétisé le 15 septembre 2026 dans la capitale burkinabè avec le coup d’envoi de « Hakili Mousso » qui signifie littéralement « femme de l’esprit » en dioula. Portée par la présidence, cette première édition a réuni 84 bachelières scientifiques sélectionnées à travers le pays. Durant plusieurs jours d’épreuves intensives, les participantes ont rivalisé d’ingéniosité en mathématiques, en physique et en chimie afin de remporter bourses universitaires et récompenses d’excellence.
Le 21 septembre 2026, le capitaine Ibrahim Traoré a reçu personnellement les lauréates au palais présidentiel. Saluant leur rigueur intellectuelle, le chef de l’État a encouragé la jeunesse féminine à investir massivement les filières techniques, jugées indispensables à l’émancipation technologique et à la souveraineté économique du Burkina Faso.
En troquant les podiums de défilé contre les équations et les laboratoires, Ouagadougou opère un tournant idéologique fort. Le message transmis aux jeunes générations est clair ; la valeur et l’apport d’une femme à la nation se mesurent désormais à l’excellence de son esprit et à son savoir académique plutôt qu’à son image corporelle.
Stephan MOMO (stagiaire)
MALI 24
