Désinformation sur la migration : Des journalistes outillés pour rétablir la vérité des parcours
Organisée par l’Ambassade de l’Espagne au Mali et Casa África, avec l’appui de l’OIM et de l’Union européenne un atelier dédié au traitement médiatique de la migration irrégulière s’est tenue à Bamako les 23 et 24 avril 2026. Présidée par le Ministère des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine, la rencontre a réuni journalistes maliens, blogueurs et experts autour d’un objectif commun : mieux informer pour mieux comprendre.
Dans un contexte où les récits approximatifs et sensationnalistes dominent souvent l’espace public, les participants ont été appelés à déconstruire les idées reçues. Entre exagération des flux migratoires, amalgames et discours sécuritaires, la migration est fréquemment présentée de manière biaisée. Pourtant, derrière ces narratifs se cachent des réalités bien plus nuancées, faites de contraintes économiques, d’instabilité sécuritaire et d’espoirs de vie meilleure.
Des figures reconnues du journalisme, telles que Nicolas Castellano et Fatouma Harber, ont partagé leurs expériences de terrain, insistant sur l’importance de donner la parole aux migrants et de documenter les faits au plus près des réalités.
Parmi les interventions marquantes, celle de la journaliste sénégalaise Marie Louise Ndiaye a profondément retenu l’attention. Spécialisée dans les questions migratoires, elle a fait un choix rare dans le monde des médias : quitter une carrière stable et reconnue dans son pays pour se consacrer entièrement à la documentation des routes migratoires. Un sacrifice motivé par une conviction forte : celle de rétablir une vérité souvent déformée.
Chaque présentation des panelistes illustre le rôle essentiel du journalisme dans la lutte contre la désinformation. Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité pour les journalistes de vérifier leurs sources, d’éviter les raccourcis et de refuser les narratifs simplistes qui réduisent les migrants à des victimes ou à des menaces.
À l’issue de l’atelier, les participants ont reçu leurs attestations, marquant leur engagement en faveur d’un journalisme plus éthique. Une étape importante dans un contexte où mieux informer sur la migration, c’est aussi contribuer à restaurer la vérité et à replacer l’humain au cœur du récit.
Kada Tandina
Mali24.info
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