Détenu pour assassinat : Sabré Kéïta condamné à la peine de mort

Sabré Kéita était à la barre des assises le mardi 11 octobre 2022 pour assassinat sur sa femme. Reconnu coupable des faits à lui reprochés, il a écopé de la peine de mort.

Pour une histoire de lessive, Sabré est condamné à la peine de mort. Courant le mercredi 29 avril 2020, à Founè, Commune  rurale de Diora, Sabré Kéita a demandé à sa femme Djénéba Thiénou de laver ses habits. Cette dernière, sans refuser cette tâche, lui a demandé de puiser de l’eau afin qu’elle fasse la lessive. Non content de l’attitude de son épouse, Sabré Kéita s’est énervé et a fini par battre sa femme en la rouant de coups. Celle-ci pour s’échapper s’est réfugiée chez  sa tante Paulette Dabou. Le lendemain jeudi 30 avril 2020, l’époux de la tante, Marc Kéita a remarqué des blessures visibles sur le corps de Djénéba Thiénou, probablement causées par suite de scènes de ménage. Il a demandé à Pobanou Kéita, beau-père de Djénéba Thiénou et père de Sabré Kéita, de l’amener au centre de santé communautaire pour une prise en charge.

Le beau-père a chargé un de ses fils pour l’amener. Là, le directeur technique de santé communautaire (DTSC), eu égard à la gravité des blessures, probablement causées par agression physique, a exigé avant toute intervention, une réquisition à personne qualifiée délivrée par le maire de la Commune rurale de Diora. Ainsi, le vendredi 1er mai 2020, le père de Sabré Kéita lui a remis la somme de cinq mille (5000) FCFA afin qu’il puisse se procurer du document requis, puis ramener son épouse au centre de santé communautaire pour qu’elle puisse recevoir les soins adéquats.

Chemin faisant et en pleine brousse entre les localités de Founé et Diora, il a interpellé dans un premier temps son épouse au sujet de sa dénonciation par celle-ci à l’agent de santé par rapport aux coups et blessures qu’il lui a infligé. Il lui a donc intimidé de renoncer à la quête de la réquisition à personne qualifiée.

En second lieu et devant le refus de sa femme, il n’a pas trouvé mieux que de la faire descendre de nouveau de son engin, toujours en pleine brousse pour la maitriser à terre comme un animal avant de l’égorger froidement avec son couteau et disparaitre dans la nature. Plus tard, le corps sans vie en état de début de putréfaction d’une dame a été découvert dans la brousse dans le cercle de Tominian.

Des recherches entamées ont abouti à l’identification du cadavre en la personne de Djénéba Thiénou. Une enquête a été ouverte par la Brigade territoriale de gendarmerie de Mandiakuy, laquelle a permis d’interpeller l’époux de la défunte qui a été poursuivi et inculpé devant le Magistrat instructeur pour assassinat.

A l’enquête préliminaire, il a reconnu les faits sans ambages

“J’ai demandé à ma femme de laver mes habits et elle m’a dit que si je ne lui puise pas de l’eau qu’elle ne lave pas mes habits. Je lui ai dit que je ne peux lui puiser de l’eau parce que je suis fatigué, je venais d’arroser le jardin. Face à son refus, je l’ai frappé. De ce fait, elle est partie chez eux. Après on est venu me dire qu’elle est malade et mon père a demandé à mon petit frère de l’accompagner au centre de santé. Arrivée là-bas, quand on lui a demandé ce dont elle souffre, elle a dit que c’est son mari qui l’a battu. Les médecins lui ont dit d’aller chercher un document à la mairie.

Mon petit frère l’a amené à la maison et le lendemain, mon père m’a dit de l’amener à la mairie et sur la route, je lui ai posé la question pourquoi avoir dit aux médecins que je l’ai frappée. Je lui ai dit qu’en posant cet acte, qu’elle venait de me créer des problèmes. Je lui ai ainsi dit qu’on retourne à la maison et face à son refus, j’ai enlevé le couteau que j’avais sur moi et je l’ai égorgée. J’ai fait deux jours dans la brousse sans savoir quoi faire. C’est ainsi que je suis parti chercher une corde là où on garde nos bœufs avec l’intention de me pendre. Entre-temps, les gens qui me cherchaient m’ont”, a retracé l’accusé à la barra.

Le ministère public dans son réquisitoire a signalé que la cruauté avec laquelle l’accusé a agi est inhumaine. “La femme était en état de grossesse. On n’égorge même pas son animal de la sorte à fortiori un être humain. Il y a aussi la circonstance aggravante parce qu’il était sous l’effet de l’alcool traditionnel appelé dolo. Il a agi avec préméditation et guet-apens. En le retenant dans les liens de l’accusation, vous rendrez justice à la société et à la famille de la victime”, a-t-il déclaré.

La défense mentionnera que les faits insoutenables, mais que son client est défendable. Devant la Cour, il a soutenu la thèse du déséquilibre mental. “La circonstance aggravante que le parquet signale n’est pas fondée parce que c’est son père qui lui avait demandé d’amener la femme à la mairie pour chercher le document demandé par les médecins. Il n’est pas fou, mais il a des comportements incohérents”, a-t-elle ajouté.

Malgré la plaidoirie de l’avocat, la Cour a reconnu Sabré Kéita coupable des faits d’assassinat et l’a condamné à la peine de mort.

Marie Dembélé

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