Enlèvement de Me Mountaga Tall : le Barreau du Mali exige sa libération immédiate
Le Barreau du Mali est monté au créneau après l’enlèvement de Mountaga C. Tall, avocat inscrit au Barreau du Mali, dénonçant un acte grave et contraire aux principes fondamentaux de l’État de droit.
Dans une déclaration de protestation datée du 5 mai 2026, le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats indique avoir appris avec « vive préoccupation » l’enlèvement de leur confrère, survenu dans la nuit du 2 mai 2026, au-delà de 23 heures, à son domicile situé à Faladiè, à Bamako. Selon le Barreau, l’opération a été menée par des individus encagoulés, en dehors de tout cadre légal.
Depuis les faits, malgré des démarches entreprises auprès des autorités et des recherches jugées intenses, aucune information n’a permis d’identifier les auteurs, de connaître les motifs de cet acte ni de localiser l’avocat, retenu contre son gré.
Le Barreau rappelle que la séquestration, ainsi que toute atteinte à l’intégrité physique, psychique ou à la liberté individuelle, constituent des infractions pénales dans un État de droit. Il estime également que cet enlèvement représente une violation flagrante des droits humains.
Dans sa déclaration, l’Ordre des Avocats souligne les implications graves d’un tel acte, notamment une atteinte directe à la défense et à l’indépendance de la justice ; une violation du secret professionnel, notamment à travers la confiscation du téléphone portable de l’avocat ; un affaiblissement des droits des citoyens à une défense libre et une atteinte à la crédibilité des institutions de l’État.
Face à cette situation qualifiée d’« alarmante », le Barreau du Mali réaffirme sa solidarité avec Me Mountaga C. Tall et sa famille, tout en appelant l’ensemble des avocats à rester mobilisés et vigilants.
En conséquence, il condamne avec la plus grande fermeté cet acte qualifié d’extrajudiciaire et liberticide ; exige la libération immédiate et sans condition de l’avocat ; demande aux autorités administratives et sécuritaires de faire toute la lumière sur cette affaire.
Toutefois le barreau appelle à la préservation de l’intégrité physique et morale de la victime et se réserve le droit d’engager toutes les actions judiciaires nécessaires, au plan national et international.
Le Barreau conclut en soulignant que de telles pratiques sont incompatibles avec les engagements internationaux du Mali et les principes fondamentaux de justice.
Coulibaly A
Mali24
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