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Enseignement catholique : Le cri de cœur des épouses d’enseignants licenciés

 

Privées de revenus du jour au lendemain après la suppression des subventions de l’État aux écoles catholiques, les épouses et femmes enseignantes brisent le silence. Réunies en collectif, elles ont, dans un message en date du 12 juin 2026, signé par leur présidente Mme Camara Aminata Salamanta, lancé un plaidoyer pressant en direction des autorités de la Transition, aux partenaires sociaux et aux responsables du système éducatif pour éviter un naufrage humanitaire dans leurs foyers.

En effet, selon le contenu de leur message, les vagues de licenciements massifs ont frappé des centaines de pères et de mères de famille. Du jour au lendemain, ces éducateurs dévoués se retrouvent sans aucun recours. Et pour leurs épouses, l’impact est immédiat et brutal : des loyers impayés et des menaces d’expulsion, des frais de scolarité impossibles à honorer pour leurs propres enfants ainsi que des difficultés quotidiennes pour assurer les besoins alimentaires de base.

Ces femmes tout en rappelant que leurs époux, dans un esprit de service public, adossé à un partenariat historique où l’État finançait 80 % des salaires, ont consacré l’essentiel de leur vie à former la jeunesse malienne. Sauf que la rupture brutale de cet équilibre, survenue sans mesures d’accompagnement adéquates, a laissé les structures scolaires catholiques dans l’incapacité de maintenir leurs effectifs. Pourtant, le collectif insiste sur un point juridique et technique crucial : ces enseignants disposaient d’un statut assimilé à celui des agents de l’État. Ils bénéficiaient de la même grille indiciaire, des mêmes primes et des mêmes indemnités que les enseignants fonctionnaires des collectivités. Aujourd’hui, le sentiment d’injustice est d’autant plus vif que ces compétences se retrouvent totalement exclues du système éducatif national.

Face à ce qu’elles qualifient de « rupture brutale », les femmes enseignantes et épouses d’enseignants demandent une intervention politique de haut niveau. Elles sollicitent une insertion exceptionnelle de ces enseignants licenciés dans la fonction publique des collectivités et une aide d’urgence pour soutenir les foyers les plus vulnérables. « Nous croyons au sens humanitaire des autorités de la Transition », conclut le manifeste du collectif. À l’heure où le Mali cherche à stabiliser son système éducatif, le sort de ces centaines de familles s’apparente à un test majeur pour le dialogue social et la justice économique dans le pays.

Amidou Keita

Le Temoin

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