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Forum panafricain des médias : Modibo Fofana alerte sur les dérives liées à cette révolution numérique

À l’occasion du Forum panafricain des médias qui se poursuit au Centre international de conférences de Bamako, M. Modibo Fofana, président de l’Association des Professionnels de la Presse en Ligne au Mali, a intervenu sur les défis du numérique, la désinformation et l’importance de l’éducation aux médias dans le contexte actuel.

Répondant à une question sur les implications des médias et des journalistes dans la promotion de l’éducation aux médias, Modibo Fofana a d’abord rendu hommage à plusieurs figures du paysage médiatique malien, notamment le doyen Sadou Yattara, l’un de ses formateurs et l’ancien ministre de la Communication, M. Gaoussou Drabo.

Dans une intervention directe et sans détour, il a affirmé que si les journalistes n’ont plus aujourd’hui le monopole de l’information à cause des réseaux sociaux et du boom internet, ils conservent néanmoins « le monopole de la qualité de l’information » face aux créateurs de contenu, influenceurs et web activistes.

Selon lui, l’avènement du numérique a profondément bouleversé le secteur des médias. « Au Mali, il y a deux options : soit tu t’adaptes, soit tu deviens obsolète », a-t-il déclaré, soulignant que les professionnels de la presse en ligne ont engagé depuis plusieurs années une véritable transition numérique à travers la création de sites d’information, de web TV, de web radios et d’autres plateformes digitales.

Le président de l’Association des Professionnels de la Presse en Ligne a également évoqué les avantages du numérique, notamment l’instantanéité de l’information. Jadis dominée par la radio, il estime que la rapidité de diffusion appartient désormais à internet et aux réseaux sociaux.

Cependant, il a alerté sur les dérives liées à cette révolution numérique. Pour lui, la désinformation, les fake news et la mésinformation ont pris une ampleur inquiétante avec les réseaux sociaux, au point de créer parfois une confusion totale au sein de l’opinion publique.

« Internet n’est pas mauvais en soi, tout dépend de l’utilisation qu’on en fait », a-t-il expliqué, avant de plaider pour une généralisation de l’éducation aux médias et au numérique, particulièrement auprès des jeunes, qui représentent la catégorie la plus active sur internet au Mali.

Modibo Fofana a également évoqué les mutations technologiques en cours avec l’émergence de l’intelligence artificielle, qui transforme progressivement les usages numériques et les méthodes de recherche d’information. Pour lui, la maîtrise du numérique est devenue une nécessité incontournable.

Toutefois, il a reconnu que les journalistes professionnels maliens ont accusé un certain retard dans leur adaptation au numérique, laissant parfois le terrain aux influenceurs et aux web activistes. Une situation qui selon lui complique davantage la distinction entre information professionnelle et contenus non vérifiés pour de nombreux internautes.

Revenant sur certains événements récents marqués par une forte circulation de fausses informations sur les réseaux sociaux, il a rappelé l’importance d’outiller les populations, notamment les jeunes, afin qu’elles développent un esprit critique face aux contenus diffusés en ligne.

Poursuivant, Modibo Fofana a tenu à apaiser les débats autour des différents acteurs du numérique. « Il n’y a pas d’animosité entre créateurs de contenu, influenceurs, web activistes et journalistes. Un journaliste est aussi un créateur de contenu, mais un créateur de contenu de qualité », a-t-il affirmé.

Coulibaly A

Mali24

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