GUINÉE : 173 DÉSERTEURS RADIÉS DE L’ARMÉE PAR LE GÉNÉRAL DOUMBOUYA
Lundi 24 août 2026, le président de la transition guinéenne, le général Mamadi Doumbouya, a ordonné la radiation définitive de 173 militaires des effectifs des Forces armées pour désertion. Annoncée solennellement à la télévision nationale (RTG), cette mesure disciplinaire d’une ampleur inédite frappe directement plusieurs unités stratégiques à Conakry et en province, incluant de grandes figures. L’objectif affiché, est de reprendre fermement en main la discipline au sein de l’armée.
C’est le ministre secrétaire général de la Présidence, le général Amara Camara, qui a procédé à la lecture du décret présidentiel lors du journal télévisé du soir. L’acte officiel s’appuie rigoureusement sur les articles 24 et 25 du Statut général des militaires guinéens. Ces textes encadrent strictement les manquements graves aux obligations d’assiduité et la rupture des bans avec la hiérarchie. La conséquence immédiate pour ces 173 hommes est la perte totale de leur statut et leur retrait d’office des registres de solde des forces de défense et de sécurité.
La grande surprise de cette liste noire réside dans la présence du commandant Michel Lamah. Cet officier supérieur était un membre éminent du Groupement des forces spéciales (GFS).
Pour le grand public, il reste le visage emblématique du renversement de l’ancien président Alpha Condé il y a cinq ans. C’est lui que l’on apercevait sur les photos historiques, installé à l’arrière d’un véhicule militaire aux côtés du chef de l’État déchu tout juste arrêté. Sa mise à l’écart pour « désertion » marque un tournant symbolique fort, illustrant que même les artisans de la première heure du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) ne sont plus intouchables.
Cette décision ne se cantonne pas aux forces spéciales de Conakry. Le décret ressort les noms d’officiers et de sous-officiers issus des corps d’élite et des garnisons stratégiques de l’intérieur du pays.
Le Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA) où L’unité d’élite parachutiste voit plusieurs de ses membres exclus, dont le sous-lieutenant Abdoulaye Aminata Camara. En outre, la Garnisons de province où des officiers de commandement sont touchés à l’image du capitaine Bakary Keïta (bataillon d’infanterie de Siguiri), du capitaine Abdoul Karim Sissoko (Ouendé Kènèma) ou encore du lieutenant Alseny Sylla (compagnie d’infanterie de Lola).
Au-delà de la simple mesure d’ordre public, ce grand nettoyage dans les rangs militaires résonne comme un signal d’avertissement envoyé à l’ensemble des troupes. En frappant aussi bien des officiers de province que des héros du coup d’État de 2021, le général Mamadi Doumbouya rappelle qu’aucun privilège passé ne garantit l’impunité.
Stephan MOMO (Stagiaire)
MALI 24
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