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GUINÉE ÉQUATORIALE : UN FRANÇAIS ARRÊTÉ POUR ESPIONNAGE, L’OMBRE DES INGÉRENCES RESURGIT

Interpellé à la frontière camerounaise en possession de documents sensibles, un ressortissant français est accusé par Malabo d’espionnage et de collusion avec une organisation qualifiée de « terroriste ». Une affaire qui ravive, de l’Afrique centrale au Sahel, le spectre des déstabilisations étrangères.

L’information a été officialisée par la télévision d’État équato-guinéenne (TVGE) ; un citoyen français, présenté comme un ancien militaire, a été arrêté à Rio Campo, dans la province du Littoral. Muni d’un visa touristique, l’homme venait d’effectuer un étrange périple entre Malabo et le Cameroun avant de repasser la frontière terrestre, à proximité immédiate d’un poste avancé de la marine nationale équato-guinéenne.

D’après les autorités sécuritaires, le suspect avait en sa possession des croquis et des cartes précises des frontières avec le Gabon et le Cameroun, ciblant le bassin du fleuve Ntem. Plus grave encore : la police affirme avoir tracé des échanges téléphoniques directs avec Salomon Abeso Ndong, dirigeant de la Coalition pour la restauration d’un État démocratique (CORED), un groupe d’opposition en exil que Malabo a officiellement classé comme « terroriste » en septembre dernier.

Pour les observateurs avertis, ce dossier fait immédiatement écho aux accusations documentées par le Mali. Le 15 août 2022, le gouvernement de transition malien avait officiellement saisi le Conseil de sécurité des Nations unies pour dénoncer des actes d’espionnage, des dizaines de violations délibérées de son espace aérien et des manœuvres de collusion impliquant des services français sur son territoire national. À l’instar des alertes récurrentes de Bamako ou de l’interpellation de quatre agents français de la DGSE à Ouagadougou en décembre 2023, Malabo semble désormais calquer son niveau de vigilance sur celui du Sahel.

Alors que le suspect demeure interrogé à Bata, cet incident confirme une mutation sécuritaire majeure sur le continent ; les appareils de renseignement africains refusent désormais la moindre zone d’ombre et traitent les intrusions clandestines avec une fermeté souveraine sans précédent.

Stephan MOMO (stagiaire)

MALI 24

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