L’Algérie autorise l’envoi de troupes au Niger, une première depuis 1973
Le Parlement algérien a approuvé dimanche le déploiement de militaires au Niger pour protéger les intérêts énergétiques du pays. Cette décision marque un tournant dans la doctrine militaire d’Alger, traditionnellement opposée aux interventions militaires à l’étranger.
Alger renforce son rapprochement avec Niamey
Cette décision intervient alors que les relations entre Alger et Niamey se sont nettement renforcées. Les deux pays, qui partagent près de 1.000 kilomètres de frontière, entendent intensifier leur coopération contre les groupes jihadistes, la criminalité transfrontalière et les trafics. L’Algérie a notamment fourni quatre hélicoptères militaires au Niger et déployé des avions de combat après une tentative de mutinerie militaire en août. Les deux pays coopèrent également dans les secteurs des hydrocarbures et des mines, avec en perspective le projet de gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l’Europe via le Niger et l’Algérie.
Un tournant stratégique pour Alger
Pour le chercheur en sciences politiques Abdellah Akir, ce déploiement constitue une évolution majeure de la doctrine de défense algérienne. Il répond, selon lui, à la volonté de protéger la profondeur stratégique du pays et de sécuriser le futur gazoduc. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune avait affirmé début octobre que son pays défendrait le Niger face aux menaces pesant sur sa stabilité. La semaine dernière, le ministre nigérien de la Défense, Salifou Modi, s’est rendu à Alger, où un protocole de coopération militaire a été signé, sans que son contenu soit rendu public. Les relations entre les deux pays s’étaient pourtant dégradées l’an dernier après la destruction par l’Algérie d’un drone en provenance du Mali. Les deux capitales semblent désormais avoir tourné la page, sur fond d’intérêts sécuritaires et énergétiques communs.
Source : Actus
