Lutte contre la rage au Mali : Alerte sanitaire avec 23 cas recensés du 1er janvier 2026 à ce jour
La situation épidémiologique de la rage au Mali appelle à une vigilance accrue. Du 1er janvier au 28 septembre 2026, ce sont 23 cas de rage qui ont été officiellement recensés à travers le pays. Ce chiffre qui reflète la persistance de cette zoonose mortelle a été rendu public ce lundi 28 septembre 2026, lors de la célébration de la journée mondiale de lutte contre la rage.
Placée sous la présidence du Ministre de l’Elevage et de la Pêche, M. Youba Ba, cette 20ème édition de la Journée mondiale de lutte contre la rage célébrée sous le thème : « Plus forts ensemble » a enregistre la présence de deux membres du gouvernement, Dr Ibrahima Samaké de l’Agriculture et Mme Doumbia Mariam Tangara de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable, ainsi que des partenaires techniques et financiers et plusieurs acteurs intervenant dans le cadre de la santé animale.
La célébration de journée vise à sensibiliser et à responsabiliser les propriétaires d’animaux de compagnie à les faire vacciner régulièrement afin d’atteindre l’objectif d’éliminer la rage à l’horizon 2030.
La rage demeure un problème de santé publique majeur au Mali. Transmise principalement par la morsure, la griffure ou le lèchement d’un animal infecté (le chien étant le principal vecteur dans 99% des cas), la maladie est quasi-invariablement mortelle une fois que les symptômes neurologiques apparaissent.
Selon les données de l’Organisation mondiale de la Santé, la rage tue environ 59 000 personnes chaque année dans le monde. Il ressort des données statistiques actualisées que dix (10) cas de mortalité due à la rage ont été enregistrés au Mali en 2022 contre 14 cas en 2023, 18 cas en 2024 et 25 cas en 2025. Du 1er janvier 2026 à ce jour, le Mali a connu 23 cas.
L’organisation mondiale de la Santé animale (OMSA) donne un tableau plus global de la situation de la maladie. « 99% des cas humains sont dus à des morsures par des animaux infectés ; 95% des cas mortels de rage se manifestent en Afrique et en Asie ; 80% des cas ont lieu dans des zones rurales où l’accès aux campagnes d’éducation à la santé et aux traitements post-morsure est limité ou inexistant et ; 40% des cas mortels concernent les enfants ».
Selon le Ministre de l’Elevage et de la Pêche, M. Youba Ba, le thème de cette année, à savoir « Plus forts ensemble », met en lumière une vérité simple : nous ne pourrons éliminer la rage qu’en unissant nos efforts.
Ce slogan, selon toujours le Ministre Youba Ba, est une invite : à soutenir des campagnes de vaccination, à diffuser des messages sur les réseaux sociaux, à nouer des partenariats avec des organisations, à sensibiliser le public à collecter des fonds en faveur de l’élimination de la rage.
Également lors de son intervention, le Ministre de l’Elevage et de la Pêche a mis en relief certains éléments clés dans la lutte pour l’éradication de la rage. Il s’agit notamment de la surveillance épidémiologique et la notification des cas, les Campagnes de vaccination de masse des chiens, le Contrôle efficace des populations de chiens errants, l’amélioration de la connaissance de la maladie et la prévention des risques relatifs à la maladie par une Campagne de sensibilisation et d’éducation du grand public.
Par ailleurs il a précisé que ces mesures doivent être accompagnées d’une prise en charge rapide post-exposition des personnes et dans ce contexte, le concept « Une Seule Santé », c’est-à-dire la collaboration multisectorielle revêt une importance capitale.
Dans leurs interventions, le Représentant du Siprovet et celui du secrétaire permanent de la plateforme « une seule santé » ont mis un accent particulier sur la dangerosité de la maladie, la surveillance épidémiologique, la notification des cas et les campagnes de vaccination de chiens.
A noter que, la lutte contre la rage ne relève pas seulement de la responsabilité des services vétérinaires ou de santé, elle concerne chaque citoyen, car atteindre l’objectif mondial d’éliminer les décès humains dus à la rage d’ici 2030 nécessite une mobilisation collective, combinant vaccination animale systématique et accès rapide aux soins pour les mordu(e)s.
Mohamed Kanouté
Source : Mali24
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